Wissam Mghazli

Me Wissam Mghazli est un avocat au barreau de Paris depuis le 14 janvier 2016.

Il est avocat en contentieux des affaires au sein du cabinet Komon Avocats.

Le cabinet est situé au 8 Rue de l’Arcade, 75008 Paris.

Épisode diffusé le 28 février 2021.

Bonjour Wissam

Wissam Mghazli : Bonjour Hervé

Pouvez-vous m’indiquer votre profession et me décrire brièvement en quoi elle consiste ?

Wissam Mghazli : Je suis avocat en contentieux des affaires. J’accompagne et défends les entreprises et leurs dirigeants dans le cas de négociations amiables ou de procédures judiciaires. J’exerce majoritairement devant les tribunaux de commerce, mais aussi dans le cas d’instances civiles ou devant des institutions arbitrales et des centres de médiation commerciale.

Aviez-vous imaginé faire ce type de métier quand vous étiez enfant ?

Wissam Mghazli : Pas du tout. Je voulais être ingénieur en mécanique ou pilote de chasse. Je pense que Top Gun m’a beaucoup trop influencé dans ma jeunesse.

Y avait-il des avocats autour de vous à cette période ?

Wissam Mghazli : Non plus. Beaucoup de professions libérales et indépendants dans ma famille, des médecins, experts comptables, professeurs d’université. Mais je suis le premier avocat de ma famille et jusqu’à ce jour, le seul.

Quel est votre parcours d’étudiant ?

Wissam Mghazli : J’ai un parcours assez atypique. J’ai commencé par une prépa HEC, puis une école de commerce et ce n’est qu’après que j’ai bifurqué vers les études de droit, d’abord à Lille, puis à Paris.

Y a-t-il eu un déclic pour orienter ce parcours ? Pour l’orienter sur la partie droit ?

Wissam Mghazli : J’parlerais même plus que d’un déclic, une illumination. Pour l’anecdote, j’étais en première année d’école de commerce, premier cours de droit et je n’en avais jamais fait. Et là, le professeur commence à parler et à peine au bout de cinq minutes, je me dis « mais qu’est-ce que je fais là ? ».En fait, j’aimerais être avocat et pour la petite histoire, le professeur s’appelait Marc Dalloz. Et quand on s’appelle Dalloz, il n’y a pas mieux pour donner vocation à être avocat.

La question suivante c’est avez-vous eu un mentor, une personne qui vous a fortement influencé durant vos études ? Serait-ce monsieur Dalloz ou quelqu’un d’autre ?

Wissam Mghazli : Alors, un peu, monsieur Dalloz, oui, même si finalement, je l’ai côtoyé que pendant un an. Je suis parti à Lille par la suite, mais c’est plutôt un mentor que j’ai eu dans ma carrière professionnelle.Qui est Jean de Hauteclocque, qui est avocat. Qui a été mon premier maître de stage dans un cabinet américain, qui s’appelle Bryan Cave et par la suite, il est devenu mon associé.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un étudiant qui souhaite devenir avocat ?

Wissam Mghazli : Alors, si je devais en choisir qu’un seul, ça serait celui de croire en soi et surtout de croire en ses rêves. Je cite souvent mes étudiants, cette réplique du film À la poursuite du bonheur, qui est la suivante « Tu as un rêve, tu dois le protéger. ». Ne laisse jamais quelqu’un te dire que tu n’es pas capable de faire quelque chose. Si tu veux quelque chose bats toi, point final.

Alors, vous venez de dire à vos étudiants. Est-ce que vous pouvez m’expliquer pourquoi vous vous adressez à vos étudiants ?

Wissam Mghazli : Justement, en parallèle de ma profession d’avocat, j’ai une activité qui est celle de coach juridique, coach en préparation au CRFPA. J’accompagne les étudiants dans le cadre de la révision à l’examen du CRFPA qui est l’examen pour entrer à l’école d’avocats. En leur donnant des conseils, en les accompagnant pour passer plus sereinement l’examen. J’écris un livre à ce sujet qui s’appelle « Chronique d’un élève avocat » dans lequel je fais part d’un retour d’expérience et notamment de mes conseils sur des méthodes d’organisation, de motivation pour passer l’examen.

Quel jour avez-vous prêté serment et quel souvenir en gardez-vous ?

Contrairement à beaucoup d’avocats, je me souviens très bien de ce jour-là. C’était le 14 janvier 2016 et je m’en souviens parce qu’en fait, j’avais appris par cœur le serment d’avocat en entier jusqu’au jour J. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte qu’il suffisait de dire « Je le jure » c’était un peu trop de choses, finalement, pour si peu.

Et vous avez encore en mémoire un peu la suite après le « je le jure » ou avant ?

Wissam Mghazli : Alors, c’est la question piège. « Je jure, comme avocat, d’exercer ma profession avec dignité, indépendance, conscience, probité et humanité. » Je ne suis pas forcément dans l’ordre, mais je crois que ce sont ces cinq mots-là.

Après cinq ans, on s’en rappelle encore. Dans quel type de structure avez-vous commencé vos activités et quel était votre rôle ?

Wissam Mghazli : Alors, après la période de stage, je me suis tout de suite installé à mon compte avec mon mentor Jean de Hauteclocque, qui est toujours d’ailleurs mon aîné de 36 ans. Nous avons quitté les grands cabinets anglo-saxons pour monter notre boutique d’arbitrage et de contentieux des affaires en 2016.

Où exercez-vous maintenant ?

Wissam Mghazli : Jean a décidé de partir à la retraite en 2020 et je vole depuis de mes propres ailes. Je suis actuellement en période de rapprochement partenariat avec un de mes confrères, également dans le domaine du droit des affaires. Celui-ci m’a d’ailleurs récemment rejoint dans mes locaux, place de Wagram.

Quels sont pour le moment vos votre meilleur ou vos meilleurs souvenirs professionnels ?

Wissam Mghazli : Un voyage dans le cadre d’un séminaire d’avocat à Tokyo en 2018. Ce n’était pas mon premier voyage personnel ni professionnel au Japon, ni mon dernier, mais c’est un pays qui me tient beaucoup à cœur et j’ai notamment pu faire découvrir à Jean, mon associé de l’époque, et ça m’a été assez cher. J’ai aussi rencontré beaucoup d’avocats puisque c’était un voyage organisé pour les avocats, qui partagent donc la même passion que moi. Et j’ai rencontré mon futur associé, justement, et nous avons récemment fondé dans cette optique l’Association des avocats japonophiles, qui est inscrite à l’Ordre du Barreau de Paris.

Vous pouvez m’expliquer inscrite à l’ordre ? C’est une chose spéciale que je ne connais pas trop.

Wissam Mghazli : C’est juste une association d’avocats qui obtient une sorte pas d’agrément mais… de validation par l’ordre de l’Association de tous les avocats. Il y a de tout, il y a des fans de musique, les avocats fans de cinéma. Je pourrais en faire partie pour le coup. Je connais une autre association qui s’appelle par exemple les robes vertes, qui sont des avocats, juristes, magistrats qui sont fans…qui aiment beaucoup le jardinage, notamment les plantes, etc. Ça peut être de tout temps et ils sont également inscrits à l’ordre.

Je souhaite, à travers ce podcast, bien faire comprendre les spécificités de votre profession. Il existe le droit des affaires et vous êtes avocat en contentieux des affaires. Pouvez-vous m’expliquer ce qu’est le droit des affaires et pourquoi évoquer spécifiquement le contentieux des affaires dans votre cas ?

Wissam Mghazli : Alors, le droit des affaires regroupe l’ensemble des règles de droit qui concernent le monde des entreprises, leurs relations entre elles et plus généralement, la vie des affaires. Le contentieux des affaires est une sous-branche du droit des affaires qui tend à la résolution amiable ou judiciaire des différends entre entreprises ou entre dirigeants. J’aime à dire que je suis un peu le pompier qu’une société appelle lorsqu’elle a un litige avec un de ses partenaires commerciaux ou concurrents, ou encore avec un de ses associés ou un de ses dirigeants.

Auriez-vous quelques exemples de situations où vous intervenez ?

Wissam Mghazli : Je défends par exemple en ce moment beaucoup de commerces qui réclament à leur assureur le paiement de leur garantie perte d’exploitation due aux fermetures administratives imposées en raison de la crise sanitaire en France. J’ai longtemps aussi représenté une grande société de gestion de portefeuille dans le cadre de procédures judiciaires et arbitrales pour des actes de concurrence déloyale avec des préjudices se chiffrant à plusieurs millions d’euros. J’accompagne également de plus en plus de dirigeants d’entreprises en difficulté devant les tribunaux de commerce pour se prémunir d’un dépôt de bilan, soit m’occuper de la phase de redressement en liquidation judiciaire lorsque c’est déjà trop tard.

Auriez-vous un exemple plus spécifique sur la liquidation judiciaire ?

Wissam Mghazli : Contrairement à ce qu’on peut penser aujourd’hui, à l’heure de l’enregistrement de ce podcast, donc début 2021, on pense que beaucoup d’entreprises font faillite. Alors, c’est ça le paradoxe, c’est qu’il n’y a jamais eu aussi peu de faillites en 2020 et 2021. Pour une raison assez simple, c’est que les entreprises sont perfusées par les aides du gouvernement et par les différents prêts garantis par l’État, les Fonds de solidarité. Il y en a quand même. Heureusement pour moi aussi. Mais pour donner un exemple assez concret récemment, quand on est en liquidation judiciaire, on peut soit défendre le débiteur, donc la société qui fait l’objet d’une liquidation judiciaire, soit être coté créanciers, souvent l’un des créanciers, en l’occurrence moi, je suis l’un des créanciers principaux dans le dossier dont je vais vous parler. Donc le côté créancier ou on essaye de trouver une solution pour, notamment en lien avec le liquidateur judiciaire pour que la liquidation se passe le mieux possible. Dans cet exemple-là, je représente un bailleur des locaux commerciaux qui s’est vu tout simplement pas payé ses loyers au moment de la liquidation judiciaire. Et la particularité est que le liquidateur judiciaire a mis trop de temps à payer les loyers postérieurs à la liquidation judiciaire, si bien qu’il y a un délai qu’il faut respecter. Si bien que le bailleur en question, qui voulait à tout prix récupérer son local commercial. A pu le faire. C’est assez particulier et ils ne le savaient pas forcément, d’où l’intérêt de se faire accompagner par un avocat qui maîtrise les arcanes de ce type de procédure. Et il a pu récupérer son local. Il est tout content puisque forcément, ce n’est pas quelque chose de facile, notamment en droit commercial dans les locaux commerciaux.

Auriez-vous un autre exemple ?

Wissam Mghazli : Autre que la liquidation judiciaire ?

Par exemple. Enfin, pour expliquer un peu votre métier au quotidien.

Wissam Mghazli : Mon métier, il est assez généraliste, finalement, quand on y pense. Le contentieux des affaires, on peut avoir de tout, de la liquidation, au conflit entre associés, j’ai quelques dossiers comme cela où un associé veut expulser un autre associé et on essaye de trouver un moyen.Soit on est coté expulsé, soit du côté expulseur. On trouve le moyen pour aider notre client. Ça peut être aussi des dossiers liés à la concurrence déloyale. Une société X vient de débaucher une partie des salariés, soit à capter de la clientèle de manière déloyale parce que la concurrence est autorisée en France, heureusement.Mais elle ne peut pas être déloyale. Donc elle se résout parfois en dommages et intérêts. Lorsque lorsqu’on attaque en justice la société qui est l’auteur de la concurrence.

Il me vient une question et peut être que c’est à ce moment là qu’intervient la notion de dol.

Wissam Mghazli : Alors, pas vraiment le dol.

Excusez-moi.

Wissam Mghazli : Le dol est une notion qui est très bien encadrée juridiquement c’est un vice du consentement. Au même titre que l’erreur et la violence. C’est un vice qui vient vicier le contrat au moment de sa formation. Voilà, voilà donc le dol. C’est par exemple lorsque, de manière volontaire, on va vous induire en erreur pour contracter des pigments pour acheter un bien que vous n’auriez pas acheté si cette erreur n’avez pas été implantée dans votre esprit, on parlait de cinéma tout à l’heure. Si on n’avait pas mis une in Inception de l’erreur dans votre esprit.

On met une erreur dans l’esprit ou on évite de dire quelque chose qui est un peu flagrant et on cache quelque chose.

Wissam Mghazli : Oui, ça, pour le coup, ça a été aussi la jurisprudence en a souvent parlé. C’est ce qu’on appelle la réticence dolosive, c’est un terme juridique qui en fait bondir plus d’un. Le fait de cacher un élément sous forme de mensonge par omission, en quelque sorte, contrairement au mensonge par action où on cache un élément et ça peut être considéré comme du dol, et la conséquence du dol, c’est l’annulation du contrat. Le contrat est considéré comme nul et bien entendu, des dommages-intérêts qui peuvent être alloués à la victime du dol.

Vous êtes par ailleurs côté juridique. Pouvez-vous m’expliquer ce qu’est un coach juridique ?

Wissam Mghazli : Alors, on en a un peu parlé au début d’émission. Le terme de coach juridique n’existe pas en soi, contrairement à la réticence dolosive ou le dol. Ce n’est pas un terme qui a été consacré par la Cour de cassation. Comme je l’ai expliqué, en parallèle de mon activité d’avocat. J’ai une activité d’enseignant en quelque sorte, pas forcément dans le cadre du CRFPA. J’enseigne également à des étudiants en droit de tout niveau, que ça soit du niveau L3, M1, M2. Et en ce qui concerne le coaching, j’appelle ça le coaching juridique, un article avait été écrit là-dessus d’ailleurs à l’époque, en 2016. Qu’est-ce que le coaching juridique ? Ce mot inventé par Wissam. En quelque sorte j’accompagne les étudiants, le CRFPA, qui est un examen assez difficile, assez sélectif, qui le devient de plus en plus. D’ailleurs, il y a eu une réforme, il y a quelques années qui l’a nationalisée. C’est un examen avant qui était organisé région par région, même encore plus bas que la région IEJ par IEJ, les instituts d’études judiciaires étaient rattachés aux facultés. Par exemple, à Paris il y en a plusieurs à Paris, Paris 1, Paris 2, Paris 5, Paris 10, etc. Ils l’ont nationalisée et les étudiants ont vu qu’en effet, que l’examen devenait de plus en plus difficile parce qu’il y aurait de moins en moins de place parmi les avocats, alors je précise bien c’est un examen, ce n’est pas un concours. Mais certains vont dire que c’est un examen qui…c’est un peu le Canada Dry des examens. L’idée, c’est de permettre aux étudiants d’arriver plus sereinement pour passer cet examen. Ça prend beaucoup de temps. L’examen a lieu en septembre chaque année, donc, souvent, l’été est consacré aux révisions, voire avant, au mois d’avril au mois de mai, et je les aide en leur faisant part de mon retour expérience, déjà parce que moi je suis passé par là aussi à l’époque et je les aide en leur donnant des outils de motivation. Parce qu’au bout d’un moment, au mois de juillet, au mois d’août, quand on se retrouve à réviser dans sa chambre d’étudiant alors que tous nos amis sont en vacances. Un peu moins en 2020, parce que les vacances n’étaient pas forcément en Thaïlande ou au Costa Rica puisque les frontières étaient fermées. Mais ce n’est pas forcément le meilleur moment pour réviser et donc ils ont besoin forcément d’un accompagnement à la fois mental et organisationnel.

Les avocats font partie des professions réglementées dans le secteur juridique, comme les notaires, les huissiers de justice et autres commissaires-priseurs. Quels sont les vecteurs de communication dont vous disposez ?

Wissam Mghazli : Comme toute activité, nous les avocats, avons le droit de faire de la publicité et celle-ci est encadrée. Bien entendu, comme pour tout le monde d’ailleurs, elle ne doit être ni mensongère ni trompeuse. On parlait de dol tout à l’heure typiquement, et encore moins de dénigrante. Nos publicités doivent normalement être communiquées au Conseil de l’ordre pour être validées. Notamment les sites internet. Et récemment, on en a beaucoup parlé et écrit sur la sollicitation personnalisée, qui est un mode de communication qui est destiné pour les avocats, à promouvoir leurs services à l’intention d’une personne déterminée, ce soit une personne physique ou une personne morale et qui ne peut être faite que par courriel, par courrier électronique ou par courrier postal. Nous n’avons pas le droit, par exemple, d’envoyer des SMS ou encore moins de faire du démarchage téléphonique. Encore heureux…

Mais vous pouvez envoyer un courrier entre guillemets à n’importe qui…enfin à l’une de vos cibles, ça c’est possible ?

Wissam Mghazli : Ça, c’est possible dès lors que le courrier est personnalisé. Oui, c’est possible, la sollicitation personnalisée.

Donc, finalement, l’e-mail il y a des outils qui permettent de personnaliser au moins le prénom/nom.

Wissam Mghazli : Je pense qu’il faut quand même un peu plus personnaliser que ça, parce que pour le coup, ça serait de l’impersonnalisation personnalisée. Non, il faut vraiment que ça soit ciblé en proposant nos services à une telle société pour des raisons…

Sur tel sujet précis

Wissam Mghazli : Voilà exactement. On est loin de la publicité d’avocat américaine au bord de l’autoroute, sur la grande pancarte avec écrit Better Call Saul, je vois qu’on parle plus de cinéma que de droits. Ça commence à m’inquiéter.

Cela reste raisonnable.

Wissam Mghazli : Même si ce n’est pas du cinéma, c’est une série télévisée

Tout à fait

Wissam Mghazli : Je précise.

Mais on a les mêmes, comment dire…la même culture cinématographique. Avez-vous une idée des autres canaux de communication qui pourraient vous mettre encore plus en lumière que juste l’envoi de mail ou les choses que vous connaissez déjà un peu ?

Wissam Mghazli : J’ai un de mes confrères qui a récemment fait floquer sur des masques en tissu. Il a fait floquer ses couleurs et le nom de son cabinet.

Mais avez-vous d’autres vecteurs de communication éventuellement après la covid ?

Wissam Mghazli : Dans le monde d’après ? On a beaucoup de mal à se projeter en ce moment dans le monde d’après. Après, nous sommes assez encadrés. En tant qu’avocat, donc, on ne peut pas innover. On parlait justement de la grande pancarte au bord de l’autoroute. On est loin de là. Ce que je veux dire, c’est qu’il faut, il faut être à maximum visible. Moi, je m’en rends compte aujourd’hui. A Paris, on est plus de 30 mille avocats dans le monde des affaires notamment, qui est le mien. On est quand même beaucoup. Et si on n’arrive pas à se démarquer vis-à-vis de nos potentiels clients de prospects, on a du mal à décoller et à se faire connaître à avoir un nom. Un jeune avocat comme moi qui commence et qui a besoin de se faire connaître. L’un des vecteurs de communication idéal, c’est forcément et encore plus aujourd’hui, via Internet et des réseaux sociaux. Moi, par exemple, j’ai un compte LinkedIn, dans lequel je publie assez souvent, notamment des reposts. Si on peut appeler ça comme ça, de mon blog.

Repartage

Wissam Mghazli : C’est vrai, soyons amoureux de la langue française et j’ai aussi un compte Instagram et que j’utilise davantage pour mon activité de coach juridique vis-à-vis de mes étudiants. Pas encore vis-à-vis de mes clients professionnels entreprises. Et pourquoi pas ? Je vois que beaucoup d’avocats, de plus en plus en tout cas, ont un compte Instagram et communiquent via ce compte, via des publications ou des stories, ou on dit des histoires ? Malheureusement, on va devoir dire stories.

En tout cas, si on tape coach juridique, il n’y en a pas 36, il n’y en a pas trois, il y en a qu’un.

Wissam Mghazli : Après ce terme-là n’existe pas vraiment.Si vous tapez Wissam il n’y en a qu’un, Wissam avocat, Wissam coach il n’y en a qu’un, c’est certain.Après coach juridique, honnêtement, je n’ai jamais essayé, il faudrait essayer.

La langue française est partie intégrante de votre métier. Il y a maintenant un petit rituel dans ce podcast, pour chaque invité, c’est de connaître le mot ou l’expression peu usité que vous appréciez tout particulièrement.

Wissam Mghazli : Ce n’est pas vraiment une expression, mais plutôt une prononciation, vous m’avez sûrement entendu le dire tout à l’heure. J’adore dire le mois d’août en veillant à laisser le t muet. Car la plupart des gens vont essayer de me reprendre en reprenant son « t » alors que même si la prononciation « août » que répandent les médias n’est pas incorrecte. C’est devenu une prononciation assez habituelle. Le bon usage devrait être « ou » le mois d’août. C’est assez cocasse quand la plupart des gens me regardent. Me disent, mais non Wissam, on dit août.

C’est cocasse. Et on ne dit même pas août ?

Wissam Mghazli : Je crois que c’est carrément…il faudrait revoir le Grevisse, c’est août. On peut dire le mois d’août. Mais théoriquement, on devrait dire le mois d’aout.

Vous travaillez au mois d’août.

Wissam Mghazli : Je travaille au mois d’août et juillet.

A l’inverse, quels tics de langage oral n’appréciez-vous ? Pas beaucoup.

Wissam Mghazli : Il y en a beaucoup.

Alors, vous avez droit à plusieurs.

Wissam Mghazli : Bon, allez, déjà « un espèce de » lorsque le mot qui suit est masculin, « un espèce de radiateur », « un espèce de canapé ». On a tendance à vouloir rendre au masculin un espèce, alors qu’on ne dirait pas typiquement « un sorte de », on dirait une sorte de canapé ou une sorte de radiateur je dis ça par ce qu’il y a un radiateur, un canapé en face de moi. Mais voilà donc « un espèce de » non, « une espèce de ». Et ça, c’est assez agaçant. Beaucoup de gens disent « en moto », « en vélo », alors qu’on ne dirait pas « en bicyclette » ou « en pied » même si en pied, c’est autre chose. Un dernier. Sur Paris, je monte sur Paris. On a l’impression que les gens sont en hélicoptère sur Paris. Non, non à Paris, je vais sur Paris et ça me fait un peu mal aux oreilles, on va dire. Et pour rester dans le domaine de la communication puisque justement, on parle de ça, c’est LinkedIn. Alors j’entends tellement de gens dire LinkedIn ou LinkedIn. Je sais bien que les Français ne maîtrisent pas aussi bien l’anglais que certains de nos voisins européens. Mais bon, je pense qu’il devrait même y avoir une alerte ou une sorte de bannière lorsqu’on crée son compte LinkedIn avec un tuto, comment bien prononcer linkedIn. Pourtant, c’est assez simple, c’est LinkedIn et j’entends tellement de LinkedIn.

C’est une remarque très, très, très originale et très, très intéressante par rapport à la langue française. Mais autant bien parler des langues étrangères.

Wissam Mghazli : Oui, c’est ça. Bien parler français, bien parler la langue étrangère.

Merci pour cette précision et je vais essayer de l’appliquer, mais sans garantie. Pour conclure cet épisode, il y a-t-il une question à laquelle vous auriez aimé répondre et que je n’aurais donc pas posée ?

Wissam Mghazli : A votre avis Hervé ? Pourquoi les avocats n’éclaireront jamais le monde ?

Alors l’épisode n’est pas à une durée limitée mais je vous laisse vous exprimez.

Wissam Mghazli : Parce qu’ils roulent toujours en code.

C’est très, très fort et très fort. C’est une fin très originale et peut-être cocasse, mais très, très sympa. Maintenant que l’on vous connaît mieux. Comment fait-on pour prendre contact avec vous ?

Wissam Mghazli : Sur LinkedIn forcément. Non, plus sérieusement, comme je l’ai dit, alors je suis assez présent sur la toile. J’ai un site internet, j’ai un blog, quelques interviews aussi télévisuelles. Après, honnêtement, vous tapez Wissam avocat sur Google. Vous avez neuf chances sur dix de tomber directement sur moi.

C’est parfait. Je vous souhaite une excellente continuation.

Wissam Mghazli : Merci beaucoup, Hervé.

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