Amélie Leperlier

Me Amélie Leperlier est une avocate au barreau de Paris depuis le 27 novembre 2019.

Elle est avocate en Droit social et en Droit du travail.

Le cabinet dans lequel elle se situe est DS Avocats.

Épisode diffusé le 16 mai 2022.

Bonjour Amélie Leperlier

Amélie Leperlier : Bonjour

Pouvez-vous m’indiquer votre métier et me décrire brièvement en quoi il consiste ?

Amélie Leperlier : Alors je suis avocate au barreau de Paris depuis 2019 et j’exerce dans deux domaines de prédilection à la fois en droit social et plus particulièrement en droit du travail. Donc je conseille et j’assiste des sociétés et en même temps, je peux aussi conseiller et représenter des salariés dans le cadre justement des relations de travail. Et en même temps, j’exerce également en droit pénal.

Avez-vous imaginé faire ce type de métier quand vous étiez enfant ?

Amélie Leperlier : Oui, tout à fait. C’est un métier que j’ai voulu faire depuis que je suis toute petite. Je n’ai, je ne sais pas. Je ne pourrai pas vous dire à quand remonte cette vocation. C’était vraiment une vocation. Je n’ai jamais voulu faire un autre métier.

J’ai toujours envisagé de faire le métier d’avocat Je crois même qu’en sixième, déjà, j’avais fait un exposé sur le métier d’avocat. En troisième, j’ai fait mon stage, le fameux stage qu’on doit faire en entreprise où je l’avais fait dans un cabinet d’avocats également. Donc ça a été vraiment une ligne de conduite depuis le départ. C’est un métier qui me fascinait, que je trouvais assez ancestral.

Je me disais c’est quand même un des plus vieux métiers du monde qui avait traversé les époques. Un métier qui était quand même plein de rites, pleins de coutumes et voilà c’est un métier qui était vraiment fascinant. Je trouve et j’ai toujours rêvé d’être et d’être avocate. Encore aujourd’hui, parfois, je trouve ça surprenant que je sois devenue parce que c’était vraiment plus un rêve, qu’un objectif.

Et je suis très contente de l’être aujourd’hui.

Avez-vous des souvenirs de l’exposé en sixième ?

Amélie Leperlier : C’était quelque chose de très scolaire, mais j’avais demandé un petit peu dans mon entourage Je crois que j’avais parlé à deux ou trois avocats pour essayer d’avoir des informations un peu plus concrètes sur le métier. C’était très scolaire, mais j’avais vraiment l’impression de parler d’un domaine dans lequel je me sentais déjà à ma place et qui collait déjà à ma personnalité enfaite parce que j’avais une personnalité assez empathique déjà.

Et j’aimais bien un peu prendre la défense des autres, j’étais très de délégués de classe. Donc j’avais ce côté un peu, je parlais à la place de mes camarades. J’aimais bien défendre les causes, voilà qui m’importait. Donc c’était vraiment une évidence le métier d’avocat.

Alors justement, pendant votre enfance, est ce qu’il y avait des avocats autour de vous ? Voir même un peu après pour aussi, le stage en troisième, ce n’est peut-être pas toujours évident d’en trouver. Alors est-ce que vous aviez des avocats autour de vous ?

Amélie Leperlier : Alors pas du tout. Je n’ai aucun avocat dans ma famille et je n’en avais pas dans mon entourage proche. Donc non, en fait, j’ai dû vraiment regarder sur Internet pour trouver des avocats pour mon stage de troisième. Voilà, j’ai été au plus près de là où j’étais à l’époque. Mais non, non, je n’avais aucune figure comme ça, d’avocat autour de moi. Mais finalement, je trouve qu’avec le recul, c’est plutôt bien parce qu’au moins c’est un parcours qui est très personnel. Je ne me suis pas senti par exemple si j’avais eu des parents avocats, je me serais sentie obligé de suivre leur démarche dans leurs pas, de suivre leurs traces. Et là, le fait que personne d’autre l’ait fait avant moi, dans ma famille, ça m’a permis d’avoir vraiment mon parcours et d’avoir une démarche qui était très personnelle en fait.

Donc non, non, c’est vraiment mon parcours. Je suis la première avocate ducoup de ma famille.

Alors, à propos de parcours, quel est votre parcours d’étudiante ?

Amélie Leperlier : J’ai un parcours, un peu atypique parce qu’au départ, j’ai fait un bac littéraire déjà avec l’option latin, que je recommande d’ailleurs souvent aux jeunes parce qu’on a tendance à négliger le latin. Et finalement, quand on se retrouve en fac de droit, on se rend compte qu’on a énormément d’adages juridique, qui sont en latin beaucoup de termes aussi juridiques, qui ont des racines latines.

Et finalement, je trouve que ça aide. On est déjà familiarisé avec le latin, donc ensuite, j’ai fait un parcours assez classique droit privé, licence droit privé. Un master en droit privé, mention carrière judiciaire qui permettait d’être assez généraliste pour pas me spécialiser tout de suite et en même temps d’avoir un bon socle commun. Ensuite, j’ai passé, j’ai préparé l’examen du barreau, donc après mon master 1, donc tout le monde m’avait déconseillé de le faire.

Et tout le monde m’avaient dit « attends d’abord d’avoir ton master deux avant de préparer le concours » ce que je n’ai pas fait. J’étais assez pressée donc j’ai passé deux concours distincts que j’ai eu et ensuite je suis entrée à l’Ecole du barreau de Paris, à l’EFB et là, j’ai fait trois années en une. En fait, j’ai fait l’Ecole du barreau de Paris, donc l’EFB en même temps, j’ai fait un master deux en droit du travail et ressources humaines.

Et en même temps, comme c’est un master deux qui était en alternance, j’étais aussi en entreprise en tant que juriste en droit social. Ça a été une année très chargée.

Combien il y a d’heures dans vos journées à vous ?

Amélie Leperlier : A l’époque, il n’y avait surtout pas beaucoup de nuits, mais en fait, ça a fonctionné quand même. J’avais cours du coup à l’école du Barreau le soir et le samedi. De mémoire, et la journée, j’étais trois semaines par mois en entreprise et une semaine par mois en cours pour le master deux. Donc, ça a été assez acrobatique, mais au moins ça m’a permis de vraiment me mettre à fond dans cette année et de ne faire que ça.

Là, pour le coup, j’ai vraiment mis ma vie personnelle entre parenthèses. Mais ça a été un bon exercice pour apprendre à bien gérer tout en même temps, à s’organiser. Surtout, ça a été un bon exercice. Et voilà.

Très bien. Bravo. Je suppose que vous deviez être une des plus jeunes par rapport aux personnes qui mettent plus de temps. Y a t il eu un déclic pour orienter ce parcours ? Surtout sur le côté carrière judiciaire. Est-ce que c’est pendant vos études que vous avez découvert ça et que ça vous a intéressé ou qu’est ce qui a orienté finalement cette spécificité dans votre parcours ?

Amélie Leperlier : Alors déjà moi j’avais en tête que je voulais être avocate. Donc j’avais cet avantage-là d’être entrée en fac de droit en me disant que pour être avocate, donc, je ne me suis pas cherché en terme de profession. Après ce qu’il me restait à trouver. C’était plutôt le domaine dans lequel je souhaitais exercer. Et au début, j’ai eu un premier coup de cœur pour le pénal dont d’ailleurs j’avais fait l’Institut de criminologie et de droit pénal à Paris.

Mais en fait, le déclic que j’ai eu en pénal, c’est à travers un stage que j’ai fait quand j’étais très jeune. Je crois que j’avais 20 ans et j’ai eu la chance de pouvoir faire un stage d’un mois à la brigade criminelle de la DPJ de Versailles en direction de la police judiciaire. Et ça a été, ça a été un vrai coup de cœur pour le pénal à ce moment-là, parce que j’ai pu donc travailler en immersion dans un groupe d’enquête auprès des enquêteurs, avec les magistrats sur des affaires criminelles en cours.

Et tout à coup, ça m’a paru vraiment, tout ce que j’entendais. Les affaires criminelles, là j’étaient vraiment au cœur du sujet, un peu dans les coulisses. En fait de tout ça, et de voir le travail d’enquête qui avait le rapport avec les magistrats, avec les victimes, avec les parquetiers, ça m’a vraiment donné envie de faire du pénal.

Donc là, j’ai eu mon coup de cœur pour le pénal, en fait, à l’occasion de ce stage et ensuite, j’ai eu un deuxième déclic. Plutôt pour le droit social. Ça, c’était un peu plus tard. C’est quand j’ai travaillé en entreprise ou en fait, comme j’occupais un poste de juristes en droit social. Au départ, je n’aimais pas trop le droit social pour être honnête, parce que je trouvais que sur les bancs de la fac c’était très théorique, et je trouvais que c’était une matière très théorique et un peu froide.

Et en fait, le fait de pratiquer en entreprise je me suis aperçue qu’au contraire, c’était une matière qui était très vivante, qui était humaine. On gère de l’humain à l’entreprise, qui était aussi une matière de compromis, une matière de négociation utile et une matière vraiment concrète et utile, c’est-à-dire qu’il y a un problème dans l’entreprise et il faut trouver une solution rapidement.

Donc je me suis sentie utile, en fait. Et donc, c’est à travers justement des expériences professionnelles. Pour le stage en PJ, et mon stage en entreprise que j’ai pu avoir un coup de cœur en tête pour ces deux domaines. En particulier.

Et donc peut-être qu’il y a une personne qui vous a un peu influencé, notamment lors de ce stage, justement pour poursuivre vos études que si vous voulez, d’une certaine façon, c’est un peu le moment de si vous avez quelqu’un a remercié, c’est peut-être par rapport à cette question que vous pouvez le faire Est ce que vous avez un mentor par exemple ?

Amélie Leperlier : Alors je pense que je ne pourrais pas dire que j’ai un mentor en particulier. Mais effectivement, j’ai eu la chance qu’il me fasse confiance et qui m’accorde un mois de stage, ce qui est assez long en police. Et effectivement, ils ne m’ont pas du tout dégoûtés de la profession de policier, bien au contraire.

Ils m’ont vraiment bien accueilli et effectivement, je suis restée proche d’eux encore aujourd’hui et ça me permet aussi d’avoir un rapport un peu différent avec la police. Je sais qu’il y a des rapports parfois conflictuels entre les avocats et les policiers ou les gendarmes, moi en l’occurrence, je connais un peu les coulisses, que je connais. Les difficultés du métier derrière. Je connais aussi les conditions de travail et c’est vrai que je comprends un petit peu aussi et ça me permet aussi de fluidifier un peu mes rapports avec eux aujourd’hui à mon travail.

Et sinon, je n’ai pas de mentor en particulier. Mais je sais que comme j’étais à la fac, je n’hésitais pas à contacter mes profs. D’autres avaient un peu peur de le faire et moi je me disais ils sont vraiment là pour ça. Et je crois vraiment que pendant toutes mes études, je n’ai pas hésité à écrire quasiment à tout le monde, à mes profs, aux avocats que j’admirais.

Parfois, j’allais voir des audiences sur mon temps libre et je voyais des avocats plaider. Et après, j’ai tapé leur nom dans Google et je leur ai trouvé aussi pour avoir des conseils pour échanger avec eux. Je me disais que le métier d’avocat est un métier de transmission, donc. Donc voilà, donc il y en a qui ne répondent pas. Et puis il y en a qui répondent et c’est très important de ne pas hésiter à contacter absolument tout le monde.

Donc, pour des étudiants, si vous auriez des conseils à leur donner, quelles seraient les, vous avez déjà répondu un petit peu, mais pour vous, quels conseils auriez-vous à donner à un étudiant pour qu’il éventuellement suive votre exemple s’il est, s’il a envie de faire des stages aussi un peu équivalents aux vôtres.

Amélie Leperlier : Déjà, il faut oser. Il ne faut pas, moi on m’a souvent répété qu’il fallait avoir des contacts, qu’il fallait avoir un réseau, que sinon ça ne servait à rien d’écrire. Et c’est faux. Moi, pour ma part, j’ai vraiment envoyé des lettres. J’étais vraiment très sincère, j’essayais au maximum de démontrer ma motivation et montrer en quoi le stage que je sollicitais était cohérent avec mon parcours.

Et en fait, j’ai écrit et j’ai eu franchement quasiment que des réponses. Donc il faut oser il faut faire un maximum de stage. Vraiment, c’est primordial parce que comme j’ai et comme je vous l’ai dit, en fait, c’est possible parfois d’avoir une fausse image d’une matière à la fac. Qu’on croit aimer ou à tort ou qu’on croit détester. Et finalement, en pratiquant, on s’aperçoit que ce n’est pas du tout ce qu’on imaginait, ou parfois même on envisage un métier et puis en fait, trois stages en cabinet d’avocat, on se dit pas du tout, c’est pour moi.

Donc il faut absolument faire des stages et il faut essayer. Aussi, je pense que faire des stages en dehors du métier qu’on envisage, c’est à dire que moi je me suis dit je vais être avocate, mais là, j’ai l’opportunité de travailler ailleurs. Ce que je ne pourrais plus faire après. Une fois que j’aurai mon diplôme d’avocat, je pourrais juste être avocate.

Donc je me suis dit je vais aller faire un stage en juridiction, je vais aller en cour d’appel. Je vais voir comment fonctionne un greffe, je vais aller voir comment ça se passe dans la police. C’est le moment pendant les études où on peut aller partout, donc faut vraiment pas hésiter à se diversifier et à aller faire des stages aussi, là où on n’y penserait pas, même chez les notaires, chez les huissiers au travail, mais au quotidien avec des huissiers.

Donc vraiment ici d’avoir une vision très périphérique et pas uniquement s’enfermer dans le stage en cabinet d’avocats.

Je pense que c’est un excellent conseil. Faire faire des stages ça revient assez souvent, mais faire des stages dans des domaines ou on pense qu’on n’ira pas par la suite, je pense que ça peut donner des idées.

Amélie Leperlier : Oui. Et puis même après, pour la pratique, c’est ça permet d’avoir une vision. Enfin, de savoir comment fonctionne une greffe, de savoir à qui s’adresser quand on écrit à telle ou telle juridiction, de savoir des contraintes aussi. Et puis même stratégiquement, après c’est quand même important. Je pense de savoir comment ça fonctionne ailleurs.

Quel jour avez-vous prêté serment et quels souvenirs en gardez-vous ?

Alors j’ai prêté serment le 27 novembre 2019 à la cour d’appel de Paris et j’en garde un excellent souvenir. Je pense comme tous les avocats, c’était un très bon moment. J’ai eu la chance d’avoir mes proches qui ont pu venir et aussi des gens qui travaillent au palais de justice que j’avais connus durant mes stages, qui ont eu la gentillesse de se déplacer pour me voir aussi, donc je me suis sentie très entourée et c’était vraiment un moment qui passe très vite, donc vraiment si je pouvais donner un conseil aux élèves, avocats ou futurs avocats.

On est assez stressé. Mais en fait, ça va tellement vite qu’il faut vraiment profiter. Je me souviens que je n’arrêtais pas de me répéter « Ca y est ca y est c’est en train d’arriver », mais je n’ai pas vraiment profité de ma journée. Votre moment et votre journée et il faut vraiment, il faut lâcher prise.

Dans quel type de structure avez-vous commencé vos activités et quel était votre rôle à ce moment-là ?

Alors moi, j’ai débuté dans un très petit cabinet parce qu’à l’époque, j’étais assez terrifiée par les grosses structures et on m’avait fait tellement de retours négatifs. On m’avait fait un peu peur en fait, avec les gros cabinets et j’avais une vision un peu impersonnelle et assez froide. En fait, pas des grosses structures. Donc je me suis dit bon, je préfère aller dans un environnement plus rassurant donc dans un petit cabinet peut être plus familial où je pourrais avoir des liens plus proches avec mon associé ou je me sentirais sans doute plus à l’aise. Et finalement, ça, c’est assez mal passé. J’essaye au maximum de rassurer les gens. Votre première collaboration peut mal se passer et ce n’est pas grave du tout.

Donc, très rapidement, je me suis aperçue que finalement, je ne me sentais pas du tout. Et que je n’apprenais pas au rythme où je n’étais pas sur le bon rythme avec les gens, avec qui je travaillais. Et donc finalement, j’ai fini par rejoindre un très gros cabinet spécialisé en droit social à Paris et ça s’est très bien passé. Ça s’est très bien passé.

On m’a complètement jeté dans le bain dès le départ. Je crois que je suis arrivé au bout d’une semaine on m’a fait plaider. J’ai dû faire tous les conseils de prudhommes de France. J’ai vraiment voyagé aux quatre coins de la France pendant toute la durée de mon expérience là-bas. Mais j’ai pu traiter tout de suite avec les clients être en relation avec les clients, traiter des dossiers importants, des dossiers assez complexes.

Et ça a été beaucoup de travail. Mais j’ai eu l’impression vraiment de faire une formation en accéléré. Ça allait très vite mais c’était vraiment hyper enrichissant et j’ai été très très bien formé pour le coup.

Et maintenant, où exercez-vous ?

Amélie Leperlier : Donc Après, j’ai continué à aller aussi dans un autre gros cabinet d’avocats et aujourd’hui, je suis toujours collaboratrice. Mais maintenant, je suis dans ma troisième année d’exercice, je commence à développer de plus en plus ma clientèle personnelle. Ça aussi, je pense que c’est important parce que la collaboration c’est… Moi, je trouve que c’est très rassurant au départ, parce que on est formé, on ne travaille pas seul.

On peut avoir un regard comme ça, croisé sur les dossiers, avec, avec le reste du cabinet. Mais on peut très vite aussi après, s’enfermer dans un système qui fait qu’après, on a du mal à prendre ses responsabilités et à se dire bon bah maintenant je vais essayer de prendre mes clients à moi. Et de gérer, de gérer mes propres dossiers.

Donc aujourd’hui, je suis plus dans une démarche un peu entrepreneuriale à récupérer mes dossiers à moi et j’essaye de progressivement de me détacher un petit peu de ma collaboration pour me consacrer plus à ma propre carrière. Justement.

Quel est pour le moment votre meilleur souvenir professionnel ?

Amélie Leperlier : Alors, mon meilleur souvenir professionnel ? Je dirais que c’est ma première relaxe obtenue au tribunal correctionnel. C’était la première fois que je plaidais au tribunal correctionnel à Paris. Je n’étais pas encore avocate, j’étais élève avocate, donc mon maître de stage à l’époque, m’a fait l’honneur de me laisser plaider sur ce dossier. C’était un dossier de violences réciproques. Le client était présent, il était bouleversé.

Je crois même qu’il a pleuré pendant la plaidoirie donc c’était un peu déconcertant pour moi. La salle était vraiment pleine à craquer. Il y avait beaucoup de confrères, très connus. J’étais au départ assez tétanisée et finalement ça s’est très bien passé. À tel point que la présidente a rendu une décision sur le siège c’est à dire qu’elle a annoncé le délibéré durant l’audience.

Donc, elle a annoncé que le prévenu, qui était mon client, était relaxé. Donc on est sorti ensuite de la salle. Il s’est jeté dans mes bras en me remerciant et c’était vraiment totalement galvanisant. Je me suis dit, c’est donc ça qu’on ressent quand on sort de l’audience et qu’on se dit j’ai été utile et j’ai vraiment grâce j’ai vraiment grâce à mes mots, grâce à ma stratégie, j’ai su convaincre et j’ai pu vraiment sauver, en quelque sorte la vie de quelqu’un. Donc c’était assez vertigineux parce que c’est une grosse responsabilité. Et en même temps, quand ça marche, on se dit qu’on est vraiment à la bonne place. Donc oui, c’est un très très bon souvenir.

Est-ce que vous pouvez m’expliquer cette notion de vous avez utilisé un terme que je ne connais pas, finalement pour un néophyte comme moi, c’est donner un résultat immédiat. Mais vous avez utilisé un mot par rapport au juge qui a donné son ?

Amélie Leperlier : Oui, le verdict sur le siège.

Le verdict sur le siège. Alors est ce que vous pouvez m’expliquer ? J’ai cru comprendre mais est-ce que vous pouvez nous expliquer aux personnes qui écoutent ce que c’est et ce que ça signifie de faire ça par rapport à une situation plus classique ? Ou finalement, je suppose qu’il y a une sorte de débat ou en tout cas, il y a une réflexion comme un peu plus long que donner le…

Amélie Leperlier : En fait, en général normalement. Et effectivement, on a un délibéré avec une date qui est prévue pour le délibéré et donc après on se rapproche du greffe quelques semaines ou quelques mois plus tard pour avoir le délibéré. C’est un temps d’attente un peu stressant pour le client, pour nous aussi d’ailleurs. Mais c’est comme ça que ça se passe en général et c’est vrai que ça arrive parfois, que le magistrat fasse une sorte de pause pendant l’audience et en fait décide de statuer sur le siège.

C’est-à- dire de rendre sa décision immédiatement. A la fois, c’est mieux pour le client, il n’y a pas la partie suspense. Donc il y a un côté rassurant et en même temps c’est difficile parce que on apprend la nouvelle devant tout le monde, devant le client. Lui, souvent, ne comprend pas, donc il se tourne vers moi. Bon, il faut lui expliquer avec un sourire en général, si c’est bon, même si ce n’est pas bon.

Mais c’est une immédiateté qui est quand même assez stressante. Et puis il y a souvent un silence comme ça religieux avant donc c’est un contexte particulier. Mais en l’occurrence, il peut y avoir une bonne décision et c’est un bon moment à vivre.

Et pour avoir une idée, est ce qu’il y a un peu des statistiques pour dire est ce que c’est moitié moitié ou est-ce que c’est extrêmement rare ? Ce n’est même pas 10 % des cas cette situation ?

Amélie Leperlier : Non, c’est plus rare. Normalement, on est en délibéré. Oui.

D’accord. Vous êtes avocate en droit social, en droit pénal et en droit pénal du travail. Pouvez-vous m’expliquer à quoi correspondent ces différents domaines de compétences et en donnant des explications pour quelqu’un qui s’y connaît pas du tout comme moi.

Amélie Leperlier : Alors le droit social concerne deux branches le droit du travail et droit de la sécurité sociale. Moi en l’occurrence, je ne fais pas de droit de la sécurité sociale, donc je fais du droit du travail. Donc le droit du travail en fait, vous avez aussi deux grandes parties. Il y a le côté employeur et le côté salarié, donc c’est assez protéiforme.

Le côté employeur, dans ce cas-là vous conseillez, vous assister des sociétés dans toutes les problématiques qu’elles peuvent rencontrer, que ce soit avec un salarié en cas de contentieux, mais aussi en cas de restructurations, réorganisations ou des contentieux. Et les relations sociales avec les syndicats. Ici, vous êtes côtés salariés dans ce cas-là, c’est plutôt sur le contrat de travail. Donc voilà la conclusion du contrat, l’application du contrat, la rupture, la rupture de la relation de travail, le licenciement, la contestation du licenciement, les conditions de travail.

Donc c’est assez varié et c’est quasiment même, je pense, deux métiers différents, d’être avocat côté salarié et avocat côté employeur. Parce que c’est vraiment deux façons d’exercer qui sont radicalement différentes. Ce n’est pas du tout le même client, il y a un côté vraiment assez éloigné pour le coup. Le droit pénal, c’est un domaine je pense qu’il parle peut-être plus aux gens que les délits, les crimes.

D’une façon générale, je ne peux pas vous citer toutes les infractions, mais c’est vraiment souvent des affaires de violence, de trafic de stupéfiants, de vols, d’homicide, donc c’est des dossiers un peu plus sensibles, notamment humainement. Ce n’est pas évident de gérer, de gérer ce genre de dossier et le droit pénal du travail. C’est une matière un peu à la limite des deux autres et qui finalement concerne des infractions pénales mais dans le domaine du travail, donc, ça peut arriver.

Vous avez notamment par exemple en matière de harcèlement, en matière de responsabilité du dirigeant, en matière de travail dissimulé également. Donc, en fait, ça peut arriver que dans le cadre d’une relation de travail, des infractions pénales soient commise, et donc dans ce cas-là, on bascule dans un domaine qui est celui du droit pénal du travail.

D’accord. Vous nous avez donné déjà des exemples que vous auriez un exemple. Un autre exemple évidemment sans citer de nom ni tout ça. Mais où on passe du droit social. Enfin, vous venez de l’expliquer, vous auriez un autre exemple à nous donner où on passe du droit social justement à quelque chose qui apparemment prend de l’ampleur et ça se complique un peu.

Amélie Leperlier : Ça peut arriver assez vite et c’est assez fréquent finalement, surtout quand vous êtes côté employeur, parce qu’il suffit par exemple que vous ayez un problème sur le temps de travail. Et après très vite, vous avez infraction de travail dissimulé qui peut apparaître. Ou sinon, plus récemment, j’avais par exemple l’habitude d’assister une société plutôt pour des questions de logistique, de réorganisation, de restructuration, de choses comme ça.

Et puis finalement, un beau jour, il y a eu un accident sur le site et un salarié s’est gravement blessé avec une machine. Donc c’était vraiment un gros accident et il a failli mourir. Il y a donc effectivement dans ce cas-là la responsabilité à la fois de la société et des dirigeants peut être engagée. Et donc on part tout de suite sur un volet pénal avec une enquête, avec l’intervention de la police, avec le parquet et donc après on part coté correctionnelles.

Effectivement, donc c’est des choses qui peuvent paraître assez éloignées, mais en fait que ça arrive fréquemment, très fréquemment.

Alors vous l’avez évoqué tout à l’heure par rapport à votre parcours, vous avez été dans un grand cabinet. Il se trouve que si j’ai bien lu votre profil LinkedIn, c’était un grand cabinet international. Alors quels sont les avantages d’être dans un cabinet international ?

Amélie Leperlier : Alors déjà les avantages d’être dans un gros cabinet, c’est d’être. C’est déjà des avantages matériels, d’être très bien entouré. On a la chance d’avoir des stagiaires, de pouvoir former des élèves avocats, d’avoir des assistantes, une façon de travailler qui nous décharge quand même beaucoup de tout l’aspect recherche administratif. Ce qui permet quand même de se concentrer sur la profession d’avocat.

Après, ce qui est bien aussi dans un grand cabinet. Souvent on a plusieurs équipes voire même plusieurs départements. Quand vous êtes par exemple dans le département droit social, vous pouvez être amené à travailler avec d’autres départements, avec le département corporate, le département droit des affaires. Enfaite vous êtes amené à collaborer sur d’autres dossiers qui parfois sortent un petit peu de votre champ de compétences initial.

Mais qui permet aussi de s’ouvrir à autre chose, puis d’avoir comme ça un regard un peu croisé sur les dossiers. Donc ça, c’est vraiment intéressant. Et puis l’aspect international permet d’avoir des dossiers de plus grande envergure, d’être en contact permanent avec les confrères du cabinet ou du réseau qui se font dans d’autres pays. Donc on découvre aussi d’autres façons de travailler d’autres façons, d’autres manière d’approcher le dossier.

J’ai découvert que selon les pays, on a vraiment des façons, on ne pensait pas toujours à la même chose en fait en étudiant le dossier sur lequel on travaillait. Et puis ça permet aussi surtout de pratiquer plusieurs langues et donc de travailler en anglais, ce qui est quand même toujours très intéressant.

Vous avez travaillé sur la notion de compliance social dans un précédent cabinet. Je ne sais pas ce que c’est. Alors pouvez-vous m’expliquer ce que ça veut dire ?

Amélie Leperlier : Alors la compliance c’est un terme un petit peu générique. Mais la compliance sociale, c’est de veiller à la mise en place de politiques de conformité pour les entreprises, notamment en matière de RSE en matière de diversité, en matière d’inclusion c’est aussi essayer de de, de vérifier que l’entreprise met tout en place pour prévenir les risques psycho sociaux, pour les prévenir, pour les traiter.

C’est la mise en place de systèmes d’évaluation en interne pour gérer tous ces risques-là. Et donc en fait on va un peu au-delà de la simple gestion des risques juridiques ou financiers. On est vraiment dans une gestion de la réputation de la société, donc ce que les gens, notamment les jeunes, sont de plus en plus sensibles à ça. Donc c’est vraiment primordial aujourd’hui de s’assurer que les entreprises en termes de politique d’inclusion, de politique de diversité en matière d’environnement soient vraiment bien conformes à toutes les nouvelles dispositions.

Et c’est un terme apparemment, je ne l’ai pas prononcé comme il faut. C’est plutôt anglo saxon c’est, il faut le dire, à l’anglaise.

Amélie Leperlier : Tout à fait. Oui.

Et finalement ça me fait penser un peu à la marque employeur, presque pour une pour une entreprise classique.

Amélie Leperlier : C’est ça, c’est un peu de la marque employeur. Mais côté juridique en fait, c’est ça. Exactement.

Pouvez-vous m’expliquer si vous gérez aisément votre vie professionnelle et votre vie personnelle, sachant que cette question a été évoquée lors d’un précédent épisode par une élève avocate qui s’interrogeait un peu sur son entrée dans la vie active ? Comment ça se passe ? Vie perso, vie pro ?

Amélie Leperlier : Alors honnêtement, c’est difficile. Je pense que beaucoup d’avocats peuvent le confirmer, ce n’est pas évident parce que c’est un métier qui implique des beaucoup d’investissement, un investissement aussi personnel et qui implique aussi une grosse charge de travail. Donc ce n’est pas évident mais ce n’est pas impossible non plus.

Pour, il faut savoir se protéger émotionnellement. C’est vrai que c’est toujours difficile parce que j’ai l’habitude de dire qu’un avocat, c’est un peu comme médecin. Les gens viennent vous voir que ça ne va pas. Donc vous êtes toujours confronté à des problèmes. Toute la journée, vous êtes en train de régler les problèmes des autres. C’est vrai qu’il faut essayer d’avoir une vie personnelle plutôt calme pour essayer de décompresser un peu parce que sinon ça devient vite ingérable.

Mais sinon, il y a plein de petites astuces pour essayer de cloisonner les deux. Moi notamment, j’ai arrêté de mettre les mails de mon cabinet sur mon téléphone. Donc aujourd’hui, je garde uniquement les mails de mes clients persos et seuls les clients où je sais qu’ils peuvent avoir une vraie urgence ont mon numéro de portable. Donc déjà, ça me permet de faire un filtre et de vraiment prioriser ce qui est vraiment urgent et ce qui ne l’est pas. Il faut essayer aussi de faire la part des choses, de dire ce qui n’est pas urgent, ce qui n’est pas important peut attendre même si c’est difficile, mais il faut vraiment se forcer.

Et puis oui, il faut absolument avoir une vie sociale à côté, sortir, voir du monde, c’est très important. Je pense qu’il faut être vraiment bien libéré mentalement pour être productif. Et vous ne pouvez pas accumuler fatigue personnelle et fatigue professionnelle. Mais c’est un métier très sacrificiel, donc c’est vrai que c’est difficile, mais il faut se forcer.

Il faut aussi écouter nos proches. Moi, j’ai remarqué que quand j’étais moins disponible, ma famille et mes amis ont tendance à me dire écoute on te voit moins en ce moment, t’es moins disponible, tu réponds plus trop aux messages et souvent ou justement pas du tout. Mais il faut les écouter. Ils ont raison, ils ont tout à fait raison.

C’est deux très bonnes astuces entre les deux mails, puis écouter ses proches. Je pense que ça sera très utile. Les avocats font partie des professions réglementées dans le secteur juridique. Vous avez un compte Instagram pro puisqu’il se nomme Maître Leperlier. J’aimerai savoir comment vous choisissez vos publications et quelles limites vous vous imposez ?

Alors pour mon compte pro donc par contre que j’ai ouvert assez récemment, je crois que j’ai ouvert au début de l’année 2022. Au départ, je voulais déjà pouvoir rencontrer d’autres avocats parce que c’est vrai qu’à Paris, on a l’impression de toujours tous se fréquenter entre nous et je voulais voir un peu comment ça se passait pour les autres jeunes avocats, notamment ceux en province qui arrivent à s’installer.

Ceux qui changent de vies, ceux qui deviennent avocat sur le tard. Je voulais voir d’autres parcours en fait, et donc j’avais une vraie volonté de pouvoir échanger comme ça avec d’autres confrères. Et puis je me suis dit que ça serait aussi un moyen de pouvoir montrer un peu le métier d’avocat à des gens qui ne sont pas avocats ou à des étudiants et des gens qui sont intéressés et pouvoir communiquer, de façon pas du tout institutionnelle et de montrer le quotidien d’une jeune avocate, les bons aspects, les aspects négatifs, les bons moments en cabinet, les attentes interminables en audience.

Enfin vraiment montrer l’aspect concret. Donc je voulais faire un Instagram assez accessible, donc je l’ai pas du tout orienté sur quelque chose de purement juridique. Ça peut m’arriver de donner des conseils ou d’expliquer des choses, mais je voulais plus que ce soit quelque chose d’assez personnel où on puisse me suivre dans mon quotidien. Et puis ça me permet aussi de faire des rencontres, d’échanger, donc voilà.

C’est d’ailleurs comme ça qu’on est rentré en contact.

Amélie Leperlier : exactement, exactement.

Et vous avez réussi à avoir des contacts avec d’autres avocats en dehors des gens que vous connaissiez, ça vous a vraiment apporter un plus d’ouvrir ce compte par rapport à vos objectifs initiaux ?

Amélie Leperlier : Oui, j’ai pu commencer déjà à nouer des liens effectivement avec d’autres avocats que j’ai d’ailleurs appris à rencontrer dans la vraie vie. Donc oui, ça m’a permis vraiment de rencontrer d’autres, d’autres avocats, d’autres confrères, et puis de voir aussi d’autres façons d’exercer. J’avoue que j’étais très stupéfaite de voir de jeunes avocats qui avaient réussi à se mettre à leur compte très rapidement parce qu’ils étaient partis en province, qui avaient réussi à trouver un équilibre de vie que moi je n’ai pas encore aujourd’hui.

Ils travaillent quasiment essentiellement chez eux, enfin vraiment d’autres façons de travailler, alors qu’à Paris, on est quand même globalement tous un peu dans le même moule et surtout dans les gros cabinets donc c’est assez rafraîchissant de voir que voilà, on peut faire ce métier-là différemment ailleurs. Et oui. Donc l’objectif pour moi était complètement atteint.

Et puis j’ai aussi beaucoup de retours d’étudiants en droit ou de gens qui me posent des questions sur l’actualité, qui me demandent mon avis sur des affaires judiciaires. Ils s’intéressent aussi à ce que je poste, qui me demande qu’est-ce que c’est une audience par exemple. Donc ça, je trouve ça super de pouvoir expliquer aux gens de pouvoir un peu vulgariser cette profession qui souvent que je trouve un peu institutionnalisée alors qu’on est, on est tous très jeune c’est une profession quand même assez jeune je trouve.

Ce n’est pas trop chronophage dans certains cas, de répondre à tout un tas de questions qui finalement, ça prend du temps au détriment de vos activités purement pro, on va dire.

Amélie Leperlier : Oui, c’est vrai que c’est un investissement parce que je n’aurais pas pu faire avant. Justement, là, je l’ai ouvert au début de l’année, mais les deux dernières années précédentes, je n’aurai jamais eu le temps effectivement de m’y consacrer. Donc quelque parce que je suis dans un moment de ma carrière où je peux souffler un peu. Je commence un petit peu à développer mon activité que j’ai eu cette idée là, mais ça me prend du temps.

Après, je ne peux pas répondre à tout le monde naturellement, mais je vraiment. Je m’engage à répondre aux étudiants en droit parce que je sais à quel point parfois on est perdu on est un peu désespéré. On a vraiment besoin d’être rassuré. Donc j’essaye vraiment au maximum de répondre aux étudiants en droit. Et puis les questions qui me paraissent peu pertinentes.

Et puis j’essaye aussi de répondre grâce à des systèmes de questions réponses en story comme ça, je réponds rapidement aux questions des gens et ça permet d’avoir un contact assez proche. Assez fluide comme ça avec les gens qui me suivent.

Avez-vous une idée des autres canaux de communication qui pourraient vous mettre également en lumière ?

Amélie Leperlier : Alors. Probablement les autres réseaux sociaux. Moi, je vous avoue que je suis très très très branchée Instagram. Je trouve que c’est une application qui est très bien faite donc par exemple, je n’ai pas de Facebook professionnel. LinkedIn, je trouve que c’est un très bon réseau. Mais bon, je trouve que c’est un réseau où finalement on veut s’ouvrir mais où on se retrouve qu’avec d’autres avocats.

Moi je me sens enfermer. Non, des podcasts par exemple. Une très bonne idée de pouvoir passer par des podcasts pour parler à tout le monde.

La langue française est partie intégrante de votre métier. Il y a maintenant un petit rituel dans ce podcast pour chaque invité, c’est de connaître le mot ou l’expression usité que vous appréciez tout particulièrement.

Amélie Leperlier : Alors ça, c’est une très bonne question. Alors une expression que j’utilise souvent je ne sais pas si d’autres l’utilisent ou pas, mais j’aime bien dire « Ce n’est pas piqué des hannetons ». Ou alors je crois que plus personne ne dit ça depuis 20 ans, mais j’aime bien. Et sinon, j’ai un petit plaisir coupable. J’aime beaucoup mettre dans mes conclusions, le mot superfétatoires.

Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rassure. J’aime bien me placer à un moment donné et j’ai l’impression d’avoir manqué quelque chose quand je ne l’ai pas mis.

Vous pouvez me donner une petite situation superfétatoire. Un petit exemple, comment vous pouvez le glisser dans un courrier ou dans quelle occasion vous pouvez le faire et nous donner un petit exemple ?

Amélie Leperlier : Souvent dans des conclusions. Effectivement, mais c’est souvent à un moment des conclusions où l’on est incisif envers la partie adverse. Et on essaye un petit peu de souligner que la voilà les propos du confrère sont un peu superfétatoires, mais c’est souvent en fin de conclusion.

On taquine un petit peu.

Amélie Leperlier : On devient un petit peu un petit peu attaquant, mais bon, ce n’est pas méchant non plus.

Alors à l’inverse, quels tics de langage, cette fois ci à l’oral, n’appréciaient pas beaucoup ? Je pose cette question ce n’est pas pour dénoncer, mais c’est juste pour essayer de s’améliorer. On a tous, chacun un peu des tics ou on en remarque et c’est pour voir en gros comment on peut s’améliorer. Quels tics de langage vous chatouille un peu les oreilles ?

Amélie Leperlier : Alors je ne supporte pas l’expression au jour d’aujourd’hui. Je pense vraiment qu’il faut abolir cette expression. Je ne sais pas pourquoi les gens. Il y a même des gens qui font des variantes à l’heure d’aujourd’hui, alors ça, c’est terrible. Ça mais je trouve ça vraiment terrible.

À éviter. Et sinon, après c’est une petite revendication personnelle. Mais je ne supporte pas les confrères et les consoeurs qui m’appellent confrères. Donc je sais que là-dessus, la profession est vraiment divisée.

C’est divisé apparemment. Si j’ai bien compris par rapport à un homme, vous serez son confrère, mais c’est uniquement pour une femme, vous serez sa consœur. Si, je ne me trompe pas.

Amélie Leperlier : Normalement, c’est ça, la règle c’était l’usage. Donc après, je pense qu’on peut aussi faire évoluer les usages. Et de la même manière que je n’aimerais pas qu’on m’appelle Monsieur ça, je préfère qu’on m’appelle consoeur. Voilà, je trouve que c’est assez tabou de rien. Et ça permet aussi de l’entendre plus souvent et donc de frapper plus souvent parce que déjà qu’on nous appelle maître et pas maîtresse, donc il y a quand même quelque chose de très uniforme dans le fait de nous appeler maître qui est au masculin.

Donc je pense que dire consoeur ça permet de se rappeler que voilà, on est des femmes aussi dans cette profession et que confrères ou consœurs, c’est de faire la différence.

Mais le côté maître, vous ne voulez pas changer ça ?

Amélie Leperlier : Non, non, pas du tout. Non, maître, j’y suis très attachée. Ça me paraît tout à fait normal, mais entre nous, je pense que consoeur, je préfère en tout cas.

Si certains de vos consœurs, voire même confrères vous écoutent et ont envie de faire un petit club pro, ils pourront vous appeler pour défendre cette appellation.

Amélie Leperlier : Ben voilà. Rejoignez-moi

Alors une question importante pour conclure cet épisode. Qu’est-ce qu’un bon avocat pour vous ou une bonne avocate ?

Amélie Leperlier : Alors c’est une question très difficile. Je pense sincèrement que c’est l’alliance à la fois d’un bon technicien du droit, parce que c’est essentiel de bien connaître la procédure, de bien connaître les règles juridiques. Donc il faut avoir ce côté quasiment mathématicien, très très bon praticien du droit. Et en même temps, il faut avoir énormément d’empathie, d’humanité, de bienveillance, d’ouverture d’esprit Et donc, il faut vraiment réussir à essayer de fusionner ces deux aspects-là.

Donc rester un bon juriste et humainement être un avocat. Pour moi, c’est vraiment ce qui permet d’être vraiment le plus complet possible.

Quasiment une dernière question, mais cette fois ci, elle est particulière. C’est qu’elle est la question à laquelle vous auriez aimé répondre et que je n’aurai pas posé ?

Amélie Leperlier : Alors moi, on me demande souvent, compte tenu de la longueur des études, compte tenu de la charge de travail, compte tenu de l’investissement que ça demande d’être avocat, on me demande souvent. Mais est-ce que ça vaut la peine ? Et je réponds toujours oui, 1000 fois oui. C’est un métier qui effectivement a des aspects négatifs on ne peut pas l’occulter.

C’est un métier qui est difficile, mais c’est un métier qui est tellement enrichissant. D’un point de vue personnel, et humain, vous êtes amené à rencontrer des gens totalement différents. Vous êtes obligé sans cesse de vous remettre en question. Vous êtes obligé de vous challenger sans cesse de dépasser vos limites, de vous adapter, de vous améliorer. C’est un métier.

Voilà qui implique de grandes responsabilités, mais aussi des grandes joies quand on gagne des dossiers. C’est un métier vraiment, où on se sent vraiment utile. Donc pour moi, c’est vraiment. Bon je ne suis pas objective. C’est un métier, même un des plus beaux métiers du monde, c’est un métier, c’est assez romanesque aussi. C’est un métier où on a un vrai espace de liberté, on peut exercer sous plusieurs formes différentes.

On peut exercer dans plusieurs pays. C’est plus qu’un métier. C’est vraiment une identité pour moi d’être avocat. Donc quand on me demande si ça vaut la peine, oui, les études sont longues. Oui, parfois on a des on a des échecs, mais on est quand même rarement déçu par ce métier.

Voilà une très belle conclusion. Alors maintenant que l’on vous connaît un peu plus. Comment fait-on si l’on souhaite prendre contact avec vous ?

Amélie Leperlier : Alors on peut me contacter sur mon adresse mail ou sinon sur mon LinkedIn et bien sûr sur mon Instagram qu’on avait évoqué au début, donc maître Leperlier.

Je vous remercie beaucoup pour cet entretien.

Amélie Leperlier : Merci à vous.

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