Me Laure de Dainville est avocate au barreau de Paris depuis 2021.

Elle est avocate en Droit pénal au de LD Avocate à la Cour.

Le cabinet LD Avocate à la Cour est situé au 117 Bd Voltaire, 75011 Paris

Épisode diffusé le 6 juin 2021.

Bonjour Laure

Laure de Dainville : Bonjour

Pouvez-vous m’indiquer votre métier et me décrire brièvement en quoi il consiste ?

Laure de Dainville : Je suis avocate en pénal, en application des peines et en droit pénitentiaire. Ça veut dire que j’assiste les personnes à partir du moment où elles sont poursuivies jusqu’à ce qu’elles soient condamnées et ensuite dans leur exécution de peine. Et j’assiste aussi les victimes dans leur dépôt de plainte et leur demande de dommages intérêts.

Avez-vous imaginé faire ce type de métier quand vous étiez enfant ?

Laure de Dainville : Non, pas du tout. Je n’ai pas de souvenir d’avoir rêvé, enfant, de vouloir devenir avocate. Après, ça s’est ressenti assez vite. C’est venu naturellement, avec mon caractère très revendicatif. Avoir horreur des injustices depuis toujours. Être très militante, donc, c’est venu assez naturellement.

Est-ce qu’il y avait tout de même peut être autour de vous, des avocats qui, à cette période, dans votre enfance, qui vous ont quand même donné envie de vous orienter vers cette carrière ?

Laure de Dainville : Pas du tout non plus. Je viens d’une famille où il n’y a pas du tout d’avocats, personnes et même dans mon entourage proche, dont les amis de mes parents, il n’y a pas d’avocats non plus, donc c’est vraiment quelque chose qui est venu de moi, de mon caractère.

Quel est votre parcours d’étudiante ?

Laure de Dainville : Donc, j’ai fait une double licence droit anglais, d’abord à l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines, ce qui m’a permis d’avoir deux diplômes un diplôme d’anglais et un diplôme de droit. Et ce qui a été une occasion pour moi d’aller à San Francisco, à l’Université d’État de San Francisco, étudier la justice criminelle américaine, me familiariser avec le langage juridique américain. Par la suite, je suis rentrée en France. J’ai fait un master 1 de droit privé à la Sorbonne. J’ai enchaîné avec un master 2 de droit pénal à la Sorbonne et à l’issue du Master 2, j’ai voulu passer le Barreau. Sauf qu’il y avait des possibilités que je ne l’ai pas. Et les examens, on les passe en septembre, on les a en décembre, donc par peur d’éventuellement le louper et de n’avoir aucune rattrape. Je me suis inscrite à un second master 2 et aussi parce que j’avais toujours rêvé de travailler un peu dans le domaine des droits de l’homme. Donc, je me suis inscrite en droits de l’homme à Nanterre en master 2 numéro 2 et après j’ai rejoint l’EFB puisque j’ai eu le barreau du premier coup et j’ai fait le parcours classique, les stages et puis la collaboration.

Donc je ne suis pas issu du secteur juridique. On peut faire deux masters

Laure de Dainville : Oui

Les enchaînés, où c’était en parallèle ?

Laure de Dainville : Non, on peut les enchaîner. On peut aussi, une fois qu’on est avocat ou même étudiant, on peut faire même des diplômes universitaires qui sont un peu des raccourcis de masters. C’est un peu moins intense. Et par exemple, sur le week-end, quand on veut en parallèle de notre activité professionnelle, on peut aussi faire ça.

Y a-t-il eu un déclic pour orienter ce parcours, notamment aller aux États-Unis ou autres que les États-Unis ?

Laure de Dainville : Ça, c’était parce que les États-Unis, ça m’attirait, que le droit pénal m’avait toujours attiré. Le milieu carcéral, beaucoup aussi. Et en fait, le droit pénal. C’est d’autant plus impressionnant aux États-Unis, où on sait qu’il y a notamment la peine de mort. Donc ça me plaisait bien, pour ça, notamment que j’ai voulu aller aux États-Unis. Je pense qu’il y a eu un déclic à un moment pour que je fasse vraiment avocate. Mais c’est arrivé quand j’étais en L3, donc j’étais déjà dans le parcours du Droit. N’ayant aucun membre de ma famille dans le milieu. Je cherchais un stage, mais à l’époque, pour être magistrat et n’ayant pas de contact, je me baladais très innocente à la Cour d’appel de Paris à la recherche des bureaux des magistrats pour leur donner mon CV et leur dire que j’aimerais bien faire un stage auprès d’eux. Faut le savoir, on n’a pas accès au premier magistrat, donc j’étais vraiment très innocent de ma part et naïf. Mais en me baladant, je suis tombée sur un avocat que je connaissais d’avant d’un autre stage. Il était collaborateur à l’époque dans un cabinet où j’avais fait un stage d’observation et je lui ai dit ce que je recherchais. Il m’a dit mais je ne suis pas un super magistrat, tu seras sera 1000 fois mieux avocate. « Regarde notamment Delphine Boissel, c’est une avocate qui dont le profil va t’intéresser. Elle est très engagée. Ça peut te plaire » et je suis rentrée chez moi le soir même. J’ai découvert Delphine Boissel, que je connaissais pas du tout. Et effectivement, ça m’a énormément attirée. Je me suis dit alors, elle était l’avocate que je m’imaginais être si je devais être avocate. Ce n’était pas seulement un avocat à défendre des dossiers d’individus, une fois ou même dans un suivi long, mais c’était aussi avoir un combat beaucoup plus large et prendre du recul sur le pénal et intervenir au niveau du droit, et donc j’ai appelé Maître Boissel pour savoir si elle me prendrait en stage. Elle a dit « oui » et j’ai fait mon stage. Ça s’est bien passé et j’ai décidé d’être avocate.

Donc il y a eu un déclic. Mais on peut quasiment considérer cette personne comme un mentor, apparemment.

Laure de Dainville : Delphine Boissel Oui, complètement. J’ai la chance d’être sa collaboratrice aujourd’hui. C’est avec elle que je suis devenue avocate. C’est grâce à elle que je suis devenue avocate. C’est très clairement quelqu’un que j’admire beaucoup, qui m’inspire énormément, qui renvoie une belle image de la profession, qui est très appréciée de tous les confrères par ailleurs, mais qui a une vision de la profession que je trouve très noble et son aspect militant et engagé. C’est quelque chose que je vais reproduire, moi, dans mon activité.

Quel conseil auriez-vous à donner à des étudiants qui souhaitent devenir avocat ? Et peut-être s’inspirer à leur tour de votre parcours.

Laure de Dainville : Mon conseil, c’est vraiment de faire des stages, faire une multitude de stages dans tous les domaines parce que déjà, être avocat, ça veut tout et rien dire. Être avocat en droit du travail ou être avocat en droit pénal.Ce n’est vraiment pas le même métier. Et même être avocat en pénal, ça ne veut rien dire parce que je pense qu’il y a autant d’avocats que de manière d’exercer la profession d’avocat. D’un cabinet à l’autre on n’aura pas forcément le même type de dossier, pas forcément la même manière de gérer les dossiers, de gérer les emplois du temps. Donc, multiplier les expériences. Ne pas hésiter à s’approcher des avocats, les voir en audience. Comment ça se passe. Oser les choses, en fait.

Quel jour avez-vous prêté serment et quel souvenir en gardez-vous ?

Laure de Dainville : Alors, j’ai prêté serment le 23 janvier 2020. J’en garde un souvenir merveilleux. D’abord parce que la prestation de serment, c’est quelque chose dont on se souvient, on porte pour la première fois la robe devant nos proches. Après des études longues, laborieuses, avec parfois cette impression qu’en fait, on ne la portera jamais tellement c’est long. L’École du Barreau, c’est à rallonge un petit peu. Donc déjà, je m’en souviens parce que c’était un moment incroyable. Mais c’était d’autant plus incroyable que je suis née le 23 janvier. Donc, c’était mon anniversaire et j’ai eu une chance par-dessus tout. C’est qu’à l’époque, je travaillais pour Aurélie Sourisseau et Adrien Sorrentino, qui sont des avocats et qui m’avaient pris en stage le temps que je trouve une collaboration. Adrien Sorrentino est ancien secrétaire de la conférence, ce qui veut dire qu’il animait la deuxième partie de la prestation de serment. La prestation de serment, c’est d’abord une partie très officielle où on prête serment devant des magistrats. Et la seconde partie, c’est entre avocats dans une ambiance très feutrée et très confidentielle qu’entre avocats, avec nos proches qui sont quand même là pour y assister ou on nous intronise, on nous souhaite la bienvenue dans la profession. Et c’est donc Adrien Sorrentino qui a fait le discours d’introduction et qui, pour l’anecdote, a fait chanter Joyeux anniversaire ce jour-là. C’était vraiment un très, très, très beau moment.

Un très beau cadeau mérité.

Laure de Dainville : Voilà

Dans quel type de structure avez-vous commencé vos activités et quel était votre rôle ?

Laure de Dainville : Vous voulez dire au niveau de la collaboration ?

On va dire quand vous êtes entrée dans la vie active, donc en collaboration.

Laure de Dainville : Dans quoi j’ai commencé ? C’est dans ce que je suis aujourd’hui. Le début de mon activité, c’est encore mon présent puisque j’ai commencé mon activité à temps partiel avec Delphine Boissel, ce qui veut dire que je travaille trois jours par semaine pour elle. Il y a deux jours de la semaine qui sont dédiés à mon activité à moi. Ça m’a permis de monter mon cabinet dès ma prestation de serment, mais d’avoir par ailleurs quelqu’un qui, qui peut me conseiller, qui peut me rassurer et qui me fait vivre aussi des dossiers que je n’aurais pas moi, Delphine Boissel. Des dossiers passionnants, des très, très gros dossiers. Je ne suis pas encore à là. J’en suis à mon début d’activité.

Vous avez prêté serment. Il n’y a pas si longtemps. Quel est pour le moment votre meilleur souvenir professionnel ?

Laure de Dainville : Alors, j’en ai deux. Cela déroge à la règle. J’en ai deux parce que le premier, ce n’est pas un souvenir, mais ce n’est pas lié à une personne ou à un moment, mais c’est ce souvenir, la première fois que je suis rentrée en prison seule, la première fois que j’ai fait mes premiers parloirs avocat seule, à la demande de Delphine Boissel. C’était pour son cabinet. Et là, je me suis sentie tellement libre, tellement avocate. C’est là que je me suis sentie la plus avocate. C’était au-delà même de porter la robe. C’était me déplacer seul en prison, aller voir les clients seuls en prison. Et là, c’était des beaux moments. Et par ailleurs, pour respecter quand même la règle du jeu et répondre à la question, un vrai, très beau souvenir qui est récent et qui est vécu grâce à Delphine Voiselle. Delphine a réussi à faire aménager la peine de quelqu’un qui a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Aménagée, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’elle a réussi à le faire sortir de prison sous une autre modalité, qu’il exécute sa peine à perpétuité, mais sous une autre modalité. Et dans ce contexte-là, les sorties se font très progressivement. On ne sort pas quelqu’un dans l’idéal du jour au lendemain, après plus de 30 ans de prison. Ça passe par quelques permissions de sortir dans un premier temps et Delphine m’a demandé d’accompagner cet homme pour sa deuxième permission de sortir. Donc, j’ai eu cette chance de l’accompagner très physiquement vers la liberté.

Je souhaite, à travers ce podcast, bien faire comprendre votre profession. Vous êtes avocate en droit pénal, en droit de l’application des peines et droit pénitentiaire. Pouvez-vous m’expliquer ce qu’est le droit pénitentiaire et le droit de l’application des peines est-ce nécessairement lié ? Et avez-vous des exemples de situations où vous intervenez ?

Laure de Dainville : Alors, ce sont déjà des domaines qu’on n’enseigne pas trop à l’école d’avocat. Enfin à l’école d’avocat je crois que ça commence.Mais en master, en études de droit, en licence, on ne l’enseigne pas trop. Donc, c’est un plaisir d’expliquer un peu ce que ça revêt. L’application des peines, c’est quoi ? Si on devait faire un schéma procédural, une espèce de frise chronologique, on commence quand une personne est poursuivie.Les poursuites peuvent être plus ou moins longues. A la fin, ça peut aboutir à une condamnation. Donc moi, je suis dans ce schéma-là. La personne va être condamnée, à partir du moment où elle est condamnée, elle va devoir exécuter sa peine.Si on prend l’exemple de quelqu’un qui est condamné à cinq ans d’enfermement, par exemple, donc cinq ans de prison, l’application des peines, c’est considérer que cette personne, pendant cinq ans, elle va évoluer. Et donc, on va réadapter sa peine à son évolution.Très concrètement, ça veut dire qu’on va essayer d’obtenir un aménagement de peine que j’évoquais tout à l’heure. C’est avoir un bracelet électronique, par exemple, sortir de prison, avoir un placement extérieur, on rejoint une association qui va nous héberger pour les personnes qui n’ont pas forcément quelqu’un pour les héberger dehors, c’est avoir une semi-liberté. Bref, il y a énormément de possibilités. Et l’application des peines, ça correspond à ça. C’est faire évoluer la peine au gré de l’évolution de la personne même, qui subit la peine.Le pénitentiaire, c’est intrinsèque à l’application des peines. Le pénitentiaire, c’est si la personne est condamnée à du ferme, donc elle est incarcérée. Ça correspond à tout ce à quoi elle va être confrontée au sein de la détention.Je vais donner des exemples pour que soit un peu plus clair. Si on suspecte une personne détenue, qu’elle soit condamnée définitivement ou pas, qu’elle soit en détention provisoire aussi. Si on la suspecte de risque d’évasion, par exemple, ou si on s’aperçoit qu’en détention, elle est en grand danger, qu’il y a beaucoup de personnes détenues qui peuvent s’en prendre à elle physiquement, on va pouvoir la placer à l’isolement. Il y a toute une procédure à respecter, mais on va pouvoir la placer à l’isolement et ça veut dire qu’elle sera coupée de tout le monde, qu’elle aura très peu d’interactions.Ça veut dire aussi que c’est très liberticide comme formule. Et donc, en tant qu’avocat, on intervient à ce niveau-là pour essayer de faire en sorte, quand ça ne tient plus la route, de faire sortir les personnes de l’isolement.Ça, c’est du pénitentiaire. Un autre exemple de pénitentiaire qui parle un peu plus au grand public, c’est quand une personne se fait attraper avec un téléphone portable, une personne détenue. Dans ces cas-là, elle va avoir ce qu’on appelle un compte-rendu d’incident.Et après, elle va passer en commission de discipline. Et en tant qu’avocat, on peut aussi intervenir à ce niveau-là. C’est tout ça, le pénitentiaire, c’est la vie en détention. Ça peut aussi être se rendre compte que la détention ne se passe pas très bien pour quelqu’un qui, elle, a l’impression de subir beaucoup de fouilles.On va appeler la détention pour essayer de comprendre où ça en est.

Vous êtes engagée dans plusieurs associations. Pouvez-vous m’en dire plus et m’indiquer vos actions, justement au sein de ces associations ?

Laure de Dainville : Oui, alors effectivement, ça me tenait à cœur d’être en plus d’être avocate, d’être avocate engagée, d’être avocate militante, même si c’est peut-être un grand mot, mais quand même, ça me fait plaisir de le dire. Je suis avocate, notamment pour la 3D, je suis au bureau de la 3D c’est les avocats pour la défense des droits des détenus. C’est une association française qui fait des communiqués, qui introduit des recours sur le thème des droits des personnes détenues. C’est militer pour qu’il y ait des conditions dignes de détention, notamment faire respecter les droits en détention. Donc, je suis au bureau de cette association. Je suis par ailleurs avocate au sein de l’association équipe d’action contre le proxénétisme. On est plusieurs avocats à intervenir. C’est une association qui aide les personnes détenues qui le souhaitent. Les personnes prostituées qui souhaitent sortir de la prostitution seulement si elles le veulent, elles peuvent se rapprocher de l’association et dans ces cas-là, l’association va les aider à essayer de trouver une autre possibilité de vie que la prostitution. Et moi, mon niveau en tant qu’avocate. J’interviens quand il y a un procès contre le proxénète, par exemple si des personnes ne se prostituent pas seules. Et dans ces cas-là, j’assiste cette personne et j’assiste aussi l’association. Je représente les intérêts de l’association au procès. J’interviens aussi dans le cadre du Barreau de Paris, qui a mis en place plein de possibilités d’intervenir bénévolement en tant qu’avocat. Je suis dans deux programmes. Il y a le programme 365 violences faites aux femmes. En fait, ce sont des associations qui sont confrontées à des personnes en besoin, des femmes qui sont victimes de violences, qui vont solliciter le barreau de Paris. Et le barreau de Paris va contacter les avocats de ce programme pour mettre en contact une personne en besoin avec un avocat qui, bénévolement, je vais les conseiller pendant le temps qu’il faudra pour les orienter, les rassurer sur toute la procédure qu’ils vont devoir comprendre qu’ils vont devoir affronter. Et je suis enfin aussi avocate au sein du programme ADSM. C’est accès aux droits et à la santé mentale. Ça me tient beaucoup à cœur aussi ce programme, parce qu’il n’est pas très commun. C’est pour les personnes qui sont notamment en hôpital psychiatrique et qui ont une impossibilité d’avoir un accès à un avocat. Elles sont infiniment vulnérables, elles sont physiquement isolées et donc de nouveau, dans ce contexte-là, il y a les assistants sociaux dans l’hôpital psychiatrique de Sainte-Anne, par exemple, qui vont saisir le barreau de Paris, ce programme en particulier. Et dire qu’il y a besoin d’un avocat pour telle personne. Et j’interviens. Enfin, j’interviens. Il y a plein d’avocats, il y en a plein, mais moi, j’en fais partie.

Mantine est une élève avocate que j’ai reçue dans ce podcast. Elle a une interrogation sur son entrée dans la vie active. Elle souhaiterait savoir si vous gérez aisément votre vie professionnelle et votre vie personnelle et dans votre cas, avec toutes vos activités ça prend encore plus de sens.

Laure de Dainville : Je pense qu’en droit pénal, c’est compliqué de gérer la vie perso et la vie pro. La délinquance n’a pas de vacances, il n’y a pas de week-end, il n’y a pas de nuit. Si c’est le week-end, il y a quand même une garde à vue. Si c’est la nuit, il y a quand même une garde à vue et si c’est les vacances d’autant plus. Donc, à partir de là, il faut réussir à se mettre la barrière. Je n’y arrive pas. Je vais être honnête, je n’y arrive pas. Donc non, il n’y a pas trop de repos pour la tête. Je suis tout le temps, très souvent, à penser au travail. C’est difficile de déconnecter, mais je n’y arrive pas aussi parce que j’adore ce métier et que si j’avais envie de faire des pauses, de ne pas répondre à mon téléphone le week-end, libre à moi de le faire. Personne ne me demande de le faire. Mais moi, j’aime trop ça et pour l’instant, je le fais et je n’ai pas d’enfant, donc ça facilite. Je suis plus libre.

Les avocats font partie des professions réglementées dans le secteur juridique, comme les notaires, huissiers de justice et autres commissaires-priseurs. Quels sont les vecteurs de communication dont vous disposez en tant qu’avocate ?

Laure de Dainville : Alors, j’ai, je suis mauvaise communicante. Très clairement. J’ai un vecteur, j’ai un site Internet. C’est déjà pas mal parce que j’ai remarqué que quand je cherchais des stages, je voyais bien que les avocats en pénal n’ont pas de site Internet. Il y en a énormément qui n’ont pas de site Internet. Mais la raison est simple c’est parce que ça fonctionne au bouche à oreille. Les personnes, elles vont aller voir un avocat parce qu’elles savent qu’il y a untel qui est allé le voir et que ça s’est bien passé. Donc, j’ai qu’un site Internet, mais j’ai déjà un site Internet. Sinon, je fais de communication nulle part.

Donc, est ce que je pose la suite de la question qui est la suite de cette partie ? Avez-vous une idée des autres canaux de communication qui pourraient vous permettre de vous mettre encore plus en lumière dans votre cas, en plus du site Internet.

Laure de Dainville : Je ne cours pas après le client, en ce moment, j’ai de la chance, cela se passe bien, donc je ne me suis pas trop creusée la tête sur comment développer davantage la clientèle, mais c’est une évidence que participer à des podcasts, participer à des rédactions d’articles, faire des communiqués. Je pense que ça aide. Je pense qu’être actif sur LinkedIn…il y aurait pas mal de choses à faire.

La langue française est partie intégrante de votre métier. Il y a maintenant un petit rituel dans ce podcast pour chaque invité, c’est de connaître le mot ou l’expression peu usité que vous appréciez tout particulièrement.

Laure de Dainville : J’y ai beaucoup réfléchi et moi, c’est le mot épiphanie. Avoir une épiphanie. Qui n’est pas très connue et que j’aurais dû revérifier juste avant ce podcast. Mais souvent, ça colle bien avoir une épiphanie pour moi en tout cas, mon utilisation du terme, c’est avoir tout à coup une révélation, avoir une illumination. Et ça m’arrive très fréquemment quand je suis chez moi en train de me reposer. Et tout à coup, j’ai le flash de ah dans ce dossier il faut faire ça, ah il faut penser à faire ça. Donc oui, le terme avoir une épiphanie.

A l’inverse, quels tics de langage à l’oral, n’appréciez-vous pas beaucoup ?

Laure de Dainville : Je n’aime pas l’expression « à la base ». Je ne sais pas si l’Académie française la soutient. Pour moi, ça sonne faux. Il faudrait dire à l’origine, et j’ai l’impression que c’est de plus en plus utilisé.

Pour conclure cet épisode y a-t-il une question à laquelle vous auriez aimé répondre et que je ne vous aurais pas posée ?

Laure de Dainville : Oui, c’est une question qui m’a été posée par des clients à de nombreuses reprises. Comment faites-vous pour défendre des victimes quand, par ailleurs, vous défendez aussi des personnes qui sont poursuivies pour les faits, dont nous, on est victime ? Donc, je vais donner un exemple histoire que ce soit très clair. Admettons que je reçoive une victime de viol. Elle aura du mal à comprendre que j’accepte par ailleurs, dans d’autres dossiers, de défendre une personne qui est poursuivie pour ces faits-là, pour viol. Alors au début, quand on me l’a posée, j’ai eu du mal à trouver une réponse audible pour cette jeune victime que je recevais. Avec le recul, pour moi, c’est un peu une évidence qu’il faut faire les deux. Alors il y a des avocats qui ne font pas du tout les deux et chaque avocat fait bien comme il veut. Mais moi, je me sens très à l’aise en réalité, de faire les deux. Je trouve que c’est très complémentaire parce que le fait d’assister parfois les personnes qui sont poursuivies, ça fait que quand j’assiste une personne victime, je sais moi quel raisonnement va être adopté en face et je peux préparer la défense de ma victime en ayant en tête ce que l’avocat en défense de la personne poursuivie est susceptible de nous répondre ou de contester. Et inversement, quand j’assiste quelqu’un qui est poursuivi, je comprends bien quels sont les enjeux qui vont nous être mis en avant, qui vont être exposés par l’avocat de la victime. Il y a des confrères qui ne font que des victimes, il y a des confrères qui ne font que des personnes poursuivies et tout le monde arrive très bien à faire son métier. Donc, je ne dis pas qu’un avocat qui fait que l’un ne sera pas compétent et n’aura pas une capacité à bien faire son travail, loin de là. En tout cas moi, je sens que ça me complète bien dans ma formation de faire les deux.

Nous arrivons cette fois-ci vraiment à la fin de l’enregistrement. Comment fait-on pour prendre contact avec vous si on le souhaite ?

Laure de Dainville : Alors, l’art d’Internet, on tape mon prénom et mon nom sur Internet et on tombe sur mon site et il y a mon numéro de portable dessus ou mon mail et mes contacts.

Je vous remercie beaucoup pour cet entretien.

Laure de Dainville : Merci.

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