Melyssa Carré

Me Mélyssa Carré est avocate au barreau de Paris depuis le 21 janvier 2016

Elle est avocate en Droit de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire au sein de Cabinet Urbanista avocat.

Le cabinet Urbanista Avocat est situé 5 Pl. des Ternes, 75017 Paris.

Épisode diffusé le 7 mars 2021.

Bonjour Mélissa.

Mélyssa Carré : Bonjour.

Pouvez-vous m’indiquer votre profession et me décrire brièvement en quoi elle consiste ?

Mélyssa Carré : Alors je suis avocate au barreau de Paris. J’interviens spécifiquement en droit de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire aux côtés des professionnels de l’immobilier de l’urbanisme, des collectivités publiques ainsi que des particuliers qui auraient des projets immobiliers. Ça va de la recherche du foncier jusqu’au commencement des travaux pour synthétiser rapidement cette matière. Et donc, j’assiste juridiquement au conseil, contentieux, négociation l’ensemble de ces personnes dans leur projet.

Aviez-vous imaginé faire ce type de métier quand vous étiez enfant ?

Mélyssa Carré : Eh bien, pas du tout. Pas du tout. Et encore moins de la manière dont je l’exerce aujourd’hui. Moi, quand j’étais petite, je voulais être pédiatre. Je pense tout simplement parce que c’était le seul métier qui à mes yeux. En allant chez le pédiatre, on s’imagine quelqu’un qui travaille et j’avais une sorte d’admiration pour ma pédiatre, très clairement. Donc, je n’étais pas du tout sur le métier de l’avocat. C’est venu bien plus tard, à l’occasion d’un stage, d’un premier stage de troisième, le gros stage découverte d’une semaine, mais qui nous reste quand même un peu tous ancré dans nos mémoires. Et ce qui est marrant, c’est que j’ai fait un stage chez un avocat en droit des sociétés, donc pas du tout le domaine dans lequel j’exerce. Et je dirais même que ce n’est pas du tout la manière dont j’exerce aujourd’hui. Donc, c’était l’avocat plaidant l’avocat qui portait plus sa robe que moi, je vous l’expliquerai ensuite, mais effectivement, moi, je la porte assez peu, parce que je fais quand même beaucoup de conseils. Et donc, il y a eu cette première expérience où cette qualité de sachant, en fait, m’intriguait. Et puis, entre temps après, je suis passé par divers projets dans mon enfance. J’ai même eu envie d’être hôtesse de l’air. Donc, pour vous dire que voilà, on a le droit de changer d’avis. Et puis finalement, je suis revenue à des études de droit, donc assez classiquement après un bac scientifique. Je ne me suis plus trop posé de questions ensuite.

Y avait-il des avocats autour de vous, dans votre famille ou autre ?

Mélyssa Carré : Non. Moi, je n’étais pas du tout entourée par des avocats, que ce soit famille ou proches. C’est vraiment l’idée que je me faisais du métier. De manière générale, j’ai commencé mes études de droit sans pour autant me dire je veux absolument être avocate, c’était du droit de manière générale. Ça aurait pu être un magistrat. Il y a eu un moment où j’y ai pensé. J’ai pensé au commissaire de police aussi. Je pense que je suis passé par un peu toutes les phases, mais n’ayant pas d’avocat autour de moi, c’est vrai que je n’ai pas eu cette chance-là, de connaître la profession de l’intérieur. Ce que j’essaie aussi de communiquer aux plus jeunes. J’ai des étudiants en licence de temps en temps qui m’envoient des messages sur LinkedIn qui me demandent « Mais alors c’est quoi votre métier ? » Parce qu’en plus, c’est hyper spécifique. Je ne suis pas juste avocate, procédure civile où on imagine un petit peu ce que c’est. Urbanisme les gens se disent immobiliers et en fait, non, ce n’est pas exactement ça. Donc, j’essaie de répondre, en fait, parce que je n’ai pas eu cette chance-là. Au besoin, des étudiants qui peuvent par moment, veulent avoir des questions. Et je trouve que c’est aussi notre responsabilité à nous, en tant que professionnel, d’arriver à un moment où ça ne nous coûte honnêtement pas grand-chose. Et ça permet parfois de rééquilibrer une personne sur l’idée qu’elle se fait d’un métier. Il y a vraiment 36 milles manières de l’exercer, ce métier. Et la seule façon de vraiment se rendre compte, c’est en côtoyant effectivement des avocats. Je n’ai pas eu cette chance-là et je trouve que c’est vrai, il y a un manque de lien de manière générale entre les étudiants et le monde professionnel puisqu’on a notre premier stage en master 2. Donc, à l’issue de ce parcours de cinq années, je trouve ça excessivement long et un peu trop tardif. Pour véritablement toucher du doigt la profession. Et si on a la chance d’avoir un stage chez un avocat, ce n’est pas toujours évident de trouver son premier stage. Moi, j’avais eu cette chance-là de le trouver, par le biais d’un autre entretien.

Est-ce qu’on peut revenir justement sur votre parcours d’étudiante. Et puis ensuite, les cinq ans.

Mélyssa Carré : Je suis un peu partie partir loin dans mon explication. Si c’est un sujet qui me tient à cœur. Moi, j’suis de Tourangelle. J’ai commencé ma licence de droit à Tours à l’université François-Rabelais, qui permettait, en troisième année, de faire un choix entre licence droit privé et licence droit public. Ce que ne permettent pas toutes les universités. J’ai décidé de faire du droit public à ce stade-là parce que j’avais un attrait particulier pour cette matière et ensuite j’ai fait un master 1 en droit public des affaires à la Sorbonne. Donc, je suis parti à Paris à 21 ans. Ça a été je pense une des meilleures années de ma vie. Je me rappelle très bien de mon premier jour où je suis arrivé face au Panthéon avec le soleil derrière. C’était juste magnifique et je me sentais très chanceuse. Et un Master 2, ensuite, co habilité par la Sorbonne et Assas en droit des collectivités territoriales finances publiques. Et puis EFB. Le parcours classique de l’avocat parisien.

Avez-vous eu un mentor, une personne qui vous a fortement influencé durant vos études ? Déjà, pour orienter votre choix et aussi après, pendant vos études.

Mélyssa Carré : Alors pendant mes études, pas véritablement. Il y a sûrement eu des professeurs qui m’ont donné envie de suivre leur matière, mais de véritables mentors. Je dirais que je n’en ai pas eu avant l’arrivée dans le monde du travail. A cause de ce manque de lien entre l’université et le milieu professionnel, j’aurais adoré pendant mes études avoir quelqu’un pour créer du lien juste peut-être. Je ne sais pas, imaginer 1 à 2 journées par semaine dans un cabinet d’avocats, c’est quelque chose qui, je pense est faisable pour chacun et prévoir effectivement cette initiation un peu au métier, puisqu’on peut tout de suite se rendre compte qu’on ne veut pas de ça. Et malheureusement, beaucoup de confrères s’en rendent compte trop tard. Enfin trop tard…, après avoir quand même passé le CRFPA et compagnie, ce n’est pas anodin, donc, mon premier mentor, ça a été mon premier maître de stage, en fait.

Vous pourriez nous en parlez un petit peu ?

Mélyssa Carré : Oui, tout à fait. Alors, il s’appelle Jérôme Le fort que je salue, donc, c’est ça a été à l’occasion du premier stage que j’ai fait en cabinet d’avocat. Ce stage, je l’ai eu donc encore une fois, je ne connaissais personne. Je suis arrivé à Paris, je n’avais pas de réseau d’avocats sur Paris et à la fin du master 2, il y avait soit des personnes qui se spécialisaient et plutôt dans tout ce qui était conseil juridique financier aux collectivités territoriales, soit certaines personnes passaient le CRFPA et à ce moment-là, j’hésitais encore entre rester en entreprise et passer le Barreau. Et finalement, je m’étais dit « je fais ce stage chez un conseiller financier » qui m’a reçu du coup en entretien téléphonique et qui m’a dit « mais finalement, je sens que vous êtes plutôt portée vers le CRFPA ». Il a lui-même un peu lu en moins en disant « Je crois que nous, on cherche quelqu’un pour garder ensuite, on a besoin de quelqu’un qu’on forme pendant le stage, puis qui devient juriste en interne. Mais par contre, je connais un cabinet, je peux transmettre votre CV » et c’est comme ça que ça s’est fait. J’ai eu cette chance-là, à ce moment. Vraiment par hasard. J’avais quand même dû montrer un peu de motivation à ce moment-là pour qu’il me recommande. Et c’est comme ça que j’ai trouvé mon premier stage, donc, dans un cabinet parisien français qui était à l’époque en plein développement. J’ai rencontré ce premier mentor qui, je pense pour chaque mentalité d’avocat est hyper importante parce que ça permet de…on apprend de belles choses à l’université, mais la manière de se comporter en tant qu’avocat, la déontologie, la relation client. Il m’a énormément apporté sur la relation client. Et c’est vrai que l’ensemble de ces aspects-là, on en garde toujours un bon souvenir, en tout cas, si le stage s’est bien passé via son mentor.

Alors vous avez déjà donné quelques conseils. En auriez-vous d’autres à donner à des étudiants qui souhaitent devenir avocat ?

Mélyssa Carré : Oui, oui. Alors je leur dirais oui. La route est longue, mais accrochez-vous parce qu’on a l’impression de sortir au bout de cinq années de master, se dire allez hop, c’est fini. Et finalement, il y a encore une année et demie derrière d’école avec des stages, mais il y a quand même des cours. C’est long et au bout de ces six années et demie, on se dit c’est bon, je suis avocat, et pas encore. En fait, il y a encore toute la pratique à acquérir. Les premières années sont parfois un peu difficiles. Je pense aussi, lié au fait que l’on n’ait pas eu d’expériences avant et qu’on se retrouve vraiment soit avec une idée complètement préconçue de la profession et on arrive dans un milieu qui ne nous correspond pas. Donc il y a une sorte de désillusion de beaucoup de jeunes avocats et donc il y a ce côté-là. Accrochez-vous au départ, cherchez votre stage dans une structure dans laquelle vous souhaiteriez exercer ensuite. Je sais que ce n’est pas toujours évident, surtout en ce moment où les demandes de stage se font rares compte tenu du contexte. Il ne faut pas hésiter. Moi aujourd’hui, je reçois des demandes de stage via LinkedIn. A l’époque, je me rappelle, je faisais mes lettres de stage, mes lettres de motivation à l’écrit parce qu’on disait que ça valait mieux finalement de le faire à l’écrit. Et on se retrouve aujourd’hui à prendre des contacts. Les technologies permettent de prendre contact avec des personnes plus facilement, de manière informelle. Il ne faut pas hésiter comme il ne faut pas hésiter à créer son réseau très tôt. Quand on est étudiant, les promos, c’est déjà un début de réseau et ça permet de on ne sait jamais. Des fois, cinq ans plus tard, on va se rendre compte que quand untel ou untel va pouvoir nous donner des infos sur tel métier ou nous nous emmener vers…c’est hyper important de construire son réseau en amont.

Quel jour avez-vous prêté serment et quel souvenir en gardez-vous ?

Mélyssa Carré : Alors, j’ai prêté serment le 21 janvier 2016. Une journée un peu froide, je m’en rappelle parce qu’il y avait une queue devant la Cour d’appel, où ont prêté serment et je me rappelle de ma mère et mes frères et sœurs qui ont fait, qui ont attendu 1 h et demie dehors, glacés, juste pour me voir pendant dix minutes, prêter serment et c’était assez marrant. Alors j’ai eu la chance d’avoir mes proches autour de moi, ma famille et également mes collègues. En fait, j’ai commencé un premier stage dans un cabinet dans lequel j’ai fait ma première collaboration et on avait déjà créé un certain lien. J’avais fait plusieurs stages, le temps de l’IEJ, donc on y avait une vraie amitié qui s’était créée. Et donc, je me suis retrouvé avec ma famille d’un côté, mes camarades de travail de l’autre. Ça a été un super moment. Je me suis senti soutenu. Au-delà du côté cérémonieux de cette journée. J’en ai un très bon souvenir. Et alors, il y a un truc assez drôle, c’est que c’est une journée où on arrive assez tôt au palais de justice. Donc on n’a souvent pas mangé parce qu’on est stressé. On est, on est dans un état second et quand toute la pression descend, je me retrouve avec ma famille à déjeuner près de chez moi à 16h, à manger un burger arrosé au champagne. Et ça, c’est assez rigolo et je crois que je m’en souviendrai toujours. C’était à la brasserie du coin. Et la pression retombée, on a pu fêter ça tous ensemble. Et c’est vrai que de garder ça en tête. Les journées qui sont un peu dures, on s’en souvient et on se dit bon, je n’ai pas fait ça pour rien.

Dans quel type de structure avez-vous commencé vos activités et quel était votre rôle ?

Mélyssa Carré : Alors, j’ai commencé dans le même cabinet dans lequel j’ai commencé mes stages. C’était vraiment un choix pour moi parce que je commençais à avoir un lien avec les personnes avec qui je travaillais. Ils commençaient à me faire confiance, donc je commençais à avoir un peu plus de responsabilités. Je me suis dit que si je changeais à ce moment-là de cabinet. Et puis, sincèrement, je n’ai jamais eu le souhait de me lancer à corps perdu dans un cabinet anglo-saxon. Il y en a dont c’est le rêve. Mais je respecte tout à fait. Moi, ça n’a jamais été mon souhait. Je trouve que, j’avais besoin d’une structure moyenne de connaître les gens dits d’effectifs. Et ce cabinet me permettait en fait de déjà commencer à avoir plus de responsabilités très tôt dans ma première collaboration. Ça m’a vraiment permis de commencer dans des conditions idéales dans un cabinet qui était en plein développement. Donc, j’ai commencé par faire du droit public général puisque comme il était en plein développement au début, je touchais un peu à tout. Par exemple, je touchais aux marchés publics, au droit des collectivités territoriales, un peu à l’urbanisme. Et puis ensuite, je suis passé plus au droit de la construction et de l’urbanisme. En fait, il y a eu une opportunité à un moment, il y a des collaborateurs qui sont partis et donc j’ai repris cette spécialité-là. Ce qui ensuite a fait de moi la spécialiste en droit de l’urbanisme, que je suis aujourd’hui.

Où exercez-vous justement maintenant ?

Mélyssa Carré : Les choses ont bien changé puisque en 2016, j’étais collab’. Et aujourd’hui, j’ai créé ma structure urbanista avocats qui est spécialisée. J’interviens spécifiquement en droit de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. Ça a été un choix très récent puisque ma structure date de fin d’année 2020. En novembre, j’ai lancé commercialement le cabinet en novembre, mais c’était un projet qui mûrissait depuis de nombreux mois en amont, coûte que coûte, parce que, confinement ou pas, je me suis dit c’est le moment. Je me suis dit il y a des opportunités à prendre aussi, des moyens de développer différents. Et donc voilà, j’exerce donc seule et je me suis lancé dans cette aventure que j’appelle moi entrepreneuriale. Je ne me sens pas différente d’un entrepreneur. C’est vraiment une sorte d’avocate entrepreneuse au quotidien, donc j’exerce seule pour le moment.

Alors ça fait cinq ans, si je ne me trompe pas que vous avez prêté serment. Quel est pour le moment votre meilleur souvenir professionnel ?

Mélyssa Carré : Alors, c’est un peu biaisé par les récents évènements, notamment mon installation. J’avoue que ça a été. Il y a eu tout un cheminement qui a duré à peu près, je pense, un an et demi où au départ, j’ai hésité. J’ai fait deux collaborations différentes dans deux cabinets parisiens de tailles moyennes dans lesquels j’ai trouvé plein de choses et en même temps, j’avais quelques frustrations personnelles liées à mon caractère, je pense. Qui me restait un peu en travers de la gorge et je me disais mais sois je me mets en tant que juriste et là je quitte la robe, soit j’essaie une autre manière d’exercer et donc c’est avocat individuel à mon compte et je tente l’aventure. Et finalement, j’ai décidé, après mûre réflexion, que la seule chose qui me réjouissait véritablement était cette aventure entrepreneuriale et donc mon installation est aujourd’hui, je pense, et j’espère en avoir plein d’autres plus tard, mon meilleur souvenir professionnel avec une énergie si particulière du début à la fin. Avoir l’impression d’avoir le champ des possibles devant moi parce que seul décisionnaire de ce que j’avais envie de faire en termes de logos, en termes de positionnement pour mes clients, de manière de penser ma profession, de l’exercer, ça a été une très belle année, malgré tout 2020 pour moi.

Je souhaite, à travers ce podcast, bien faire comprendre les spécificités de votre profession. Vous l’avez évoqué, vous êtes avocate en droit de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. Pouvez-vous m’expliquer en quoi cela consiste et me dire éventuellement la différence, justement, entre l’urbanisme et l’aménagement du territoire ?

Mélyssa Carré : Alors, en effet, très bonne question. Donc, le droit de l’urbanisme, c’est le cadre réglementaire des autorisations de projet, que ce soit d’aménagement ou de construction. Donc, c’est la phase avant, on va dire moi, je dis souvent j’interviens jusqu’au coup premier coup de pelle sur le terrain, sur toute la phase amont réglementaire. C’est le moment où j’interviens. À partir du moment où vous commencez à construire, moi, je suis déjà plus là. Donc, c’est toute la phase de droit des sols. Il y a le code d’urbanisme qui prévoit des règles d’urbanisme applicables sur tout le territoire. Et en plus de cela, vous avez des politiques d’aménagement, des objectifs d’aménagement qui sont gérés localement par les collectivités communes, intercommunales et bloc intercommunal et qui via les PLU plans locaux d’urbanisme, créées des règles applicables aux projets. Et c’est via ce point-là qu’on retombe là sur le droit de l’aménagement du territoire. Le droit de l’aménagement du territoire, c’est tout ce qui est planification urbaine, ce sont véritablement les règles. Moi, pour moi, le droit de l’urbanisme opérationnel, c’est le permis de construire, les autorisations, comment on va monter le projet du côté réglementaire. Et le droit de l’aménagement du territoire, c’est plus se positionner côté règles pour se dire alors, je peux assister des collectivités dans la rédaction de la règle parce que c’est une grosse partie de mon travail qui est interprétée. Justement, ces règles qui parfois ne sont pas très bien écrites et sur lesquelles le juge peu arbitrer telle ou telle rédaction. C’est très lié, mais je trouvais ça important de faire cette différence entre droit de l’urbanisme que j’appelle moi droit d’urbanisme opérationnel parce que j’interviens vraiment avec les opérationnels à leurs côtés pour les aider à sécuriser le projet. Et de l’autre côté, le droit de l’aménagement du territoire, qui est une vision un peu plus macro. En fait, de la planification urbaine, je ne sais pas si j’ai été assez claire.

Ça s’éclaircit

Mélyssa Carré : N’hésitez pas à me dire s’il y a des voies, des termes. Des fois, on reste dans notre domaine de compétence et ce n’est pas toujours très clair vu de l’extérieur.

Ça l’est plus

Mélyssa Carré : Parfait.

Malgré tout, j’ai lu l’un de vos posts LinkedIn qui tenait en trois mots caducité des POS. Je suis néophyte dans le domaine du droit, mais aussi dans le domaine de l’urbanisme. Pouvez-vous m’expliquer ce qu’il fallait comprendre à travers ces trois mots ?

Mélyssa Carré : Alors oui, ça fait beaucoup de mots peu communs, en effet. Alors que moi, je fais de l’actualité sur ma page LinkedIn urbanista avocats. Plutôt dédiée aux techniciens du droit et donc effectivement, caducité des POS, j’imagine que ça ne vous a pas dit grand-chose. Alors les POS, ce sont les plans d’occupation des sols, ancêtre du PLU Plan local d’urbanisme, qui permettait une planification au niveau communal des règles d’urbanisme. Mais petit à petit, ils ont survécu. En fait, ils ont vécu en parallèle du plan local d’urbanisme pendant très longtemps. Donc, les Communes qui n’ont pas refait de démarche pour faire évoluer leurs règles d’urbanisme sont restées sur du POS. Et les communes qui ont fait évoluer leurs règles sont parties sur du plan local d’urbanisme. La différence entre ces deux documents, c’est les documents qui les composent, notamment un projet d’aménagement de développement durable. Mais ça je ne vais peut-être pas rentrer dans les détails. Ça commence à être un peu technique, mais c’est une évolution législative vers plus de règles d’urbanisme et en même temps, plus de possibilités pour une commune d’avoir la maîtrise de ses règles. Donc, les postes avaient de toute manière vocation un moment à disparaître puisque les PLU devaient les remplacer. Et pendant des années, les POS sont restés aux côtés des PLU et depuis la loi Alur de 2014 avait été inscrit. Le législateur avait inscrit ce principe de caducité des POS à un moment pour dire non, mais maintenant, c’est fini, on passe sur du PLU. La conséquence de cela était le vide juridique, donc on avait prévu de quand même utiliser les règles du code de l’urbanisme, ce qu’on appelle le règlement national d’urbanisme. Mais c’était une sorte de sanction pour les Communes. Parce que si elles n’étaient pas passées au PLU, et bien évidemment, il n’y a pas que des raisons juridiques, il y a des raisons de budget. Toutes les communes n’ont pas le budget de lancer une procédure pour prendre un bureau d’études et faire un PLU. Donc, il y avait beaucoup de petites communes qui ont encore beaucoup de petites communes aujourd’hui, qui ont des difficultés sur ce point. Et petit à petit, depuis la loi Alur, systématiquement, le législateur a décalé cette caducité jusqu’au 31 décembre 2020 qui, a priori, est restée figée à cette date-là. On s’attendait à ce qu’il y ait un nouveau report, mais finalement, il y a peut-être des aménagements à venir, justement pour ces petites communes qui se retrouvent un peu pieds et poings liés avec ses règles d’urbanisme. Mais il y a une véritable évolution, en fait, et c’était important, à mon sens de communiquer là-dessus parce que c’est quelque chose. C’est une sorte de serpent de mer qu’on a depuis 2014. On l’entend, on l’entend et là, ça marquait véritablement une évolution.  Pour une fois, on n’y croyait finalement plus. Et finalement, si le poste est devenu caduc au 31 décembre 2020.

Voilà toutes les explications. Merci beaucoup.

Mélyssa Carré : Je vous en prie.

Les avocats font partie des professions réglementées dans le secteur juridique, comme les notaires, les huissiers de justice et autres commissaires-priseurs. Quels sont les vecteurs de communication dont vous disposez ?

Mélyssa Carré : Alors, effectivement, on est une profession réglementée, ce qui ne facilite pas toujours la tâche pour communiquer. Alors moi, j’ai décidé de mettre en avant mon site Internet. Ça a été la première chose sur laquelle j’ai voulu travailler parce qu’une identité numérique est nécessaire aujourd’hui. Je vois comment je fonctionne aussi, c’est-à-dire que quand je cherche, je cherche quelqu’un sur Google dès que je ne le connais pas. Donc, je le fais pour les médecins. Donc, pourquoi je ne le ferais pas pour les avocats ? Et c’est hyper important de se retrouver au-delà des annuaires d’avocats qui existent par ailleurs. Je trouve qu’un site Internet est hyper important. C’est une vitrine et en plus de cela, ça peut devenir un véritable outil de communication. Moi, je l’ai voulu interactif et pensé pour l’utilisateur, avec des possibilités de me contacter directement avec un formulaire assez accessible, avec des prises de rendez-vous en ligne pour des rendez-vous véritablement juridiques. Là où on a l’impression que l’avocat n’est pas accessible. D’ailleurs, les honoraires sont rarement évoqués sur les sites internet d’avocats. Donc on se dit en plus, ça va me coûter une blinde. Je ne sais pas où je vais, donc je ne vais surtout pas l’appeler. J’ai voulu mettre en avant des tarifs qui sont forfaitaires, des rendez-vous unitaires, si une personne a une question qu’elle souhaite étudier, faire étudier ces documents par un avocat et repartir au bout d’une heure avec des solutions, c’est possible aussi. On peut intervenir en coaching juridique comme ça et c’est comme ça que j’ai un peu penser à mon site Internet. Essayer de le rendre un peu comme diraient les personnes marketing call to action pour le rendre plus interactif. A côté du site Internet, je travaille pas mal sur LinkedIn. Je trouve que c’est un vecteur intéressant de communication et de développement pour les avocats. Ça permet de fédérer quand même pas mal de personnes autour de soi. Et ensuite, moi, je communique sur mon expertise via la rédaction d’articles. Que je mets à la fois sur mon site internet et que je publie sur d’autres supports.

Avez-vous une idée des autres canaux de communication qui pourraient vous mettre encore plus en lumière ?

Mélyssa Carré : Oui, j’ai en tête Instagram que j’ai lancée très récemment, alors c’est un peu un vœu pieux pour le moment. Je me suis dit je le lance et j’avais en tête de l’alimenter toutes les semaines et je me tape sur les doigts toutes les semaines le vendredi, quand je me rends compte que je ne l’ai pas fait. Donc, c’est quelque chose que j’aimerais beaucoup développer. Je pense qu’Instagram permet aussi de montrer une autre vision de la profession d’avocat. On n’est pas uniquement la personne poussiéreuse dans une bibliothèque avec une petite lumière qu’on n’ose pas approcher parce qu’on se dit dès que je vais l’avoir en face de moi, ça va me coûter tant de l’heure. Il y a cette volonté de démocratiser un peu la profession. Il y a des avocats qui font des très belles choses, je trouve sur Instagram. Et puis, ça permet un peu plus de fantaisie. Les publications permettent de communiquer d’une autre manière. Alors, on ne va pas faire de l’actu comme on le fait sur LinkedIn, mais ça peut être sympa. En tout cas, mon point de vue, ça peut être très sympa de donner une vision de l’avocat.

La langue française est partie intégrante de votre métier. Il y est maintenant un petit rituel dans ce podcast, pour chaque invité, c’est de connaître le mot ou l’expression peu usité que vous appréciez tout particulièrement.

Mélyssa Carré : Alors, ce n’est pas très littéraire comme expression, mais j’avoue que je l’utilise quand même pas mal. Avoir la rate au court-bouillon, c’est, je la trouve très imagée et elle me revient en tête quand je sens qu’il y a tant de choses à faire d’un coup, j’ai besoin de redescendre en pression et ça ne te met pas la rate au court-bouillon. Et je descends d’un étage et je planifie.

À l’inverse, quels tics de langage, cette fois ci à l’oral, n’appréciez-vous pas beaucoup ?

Mélyssa Carré : Ce genre de tics de langage qu’ont les avocats d’utiliser des termes du style, au demeurant, au demeurant, à l’oral, je trouve que c’est, je bosse, je n’aime pas trop, je ne dirais pas pourquoi. Peut-être le côté, je ne vois pas ce que ça vient apporter au discours. À l’oral, en tout cas, ce n’est pas quelque chose que j’apprécie vraiment.

Donc, je ne vais surtout pas dire au demeurant, cet épisode se termine, je ne vais pas le dire, mais les épisodes se terminent tout de même. Comment peut-on maintenant que l’on vous connait un petit peu plus, comment peut-on prendre contact avec vous ?

Mélyssa Carré : Alors via le site Internet, c’est assez simple, donc, urbanista_avocat.com, il y a le formulaire contact qui permet de prendre contact avec moi, c’est des mails que je reçois directement. Ça ne tombe pas dans mes spams, ça arrive directement vers moi. Il y a un numéro aussi de téléphone sur ce site Internet. Je reçois, j’essaie de répondre au maximum aux demandes, même si parfois les demandes de stage. Et comme je viens de lancer mon activité, malheureusement, je ne peux pas me permettre de prendre un stagiaire pour le moment. Mais j’essaie de répondre assez rapidement et à toutes les demandes, à toute personne qui me contacte.

C’est parfait. Je vous souhaite donc une très bonne continuation.

Mélyssa Carré : Merci.

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