Sophia Binet

Me Sophia Binet est avocate au barreau de Paris depuis le 22 octobre 2008.

Elle est avocate en Droit de la famille, Droit de la patrimonial et droit immobilier au sein du cabinet Binet Avocat.

Le cabinet Binet Avocat est situé au 80 Av. de Breteuil, 75015 Paris.

Épisode diffusé le 5 octobre 2021.

Bonjour Sophia

Sophia Binet : Bonjour Hervé.

Pouvez-vous m’indiquer votre métier et me dit brièvement en quoi il consiste ?

Sophia Binet : Alors, je suis avocate au barreau de Paris. Mon métier consiste à défendre les intérêts de mes clients, les assister ou les représenter devant les tribunaux en cas de procès et évidemment, les conseillers tout au long d’un dossier. Alors, c’est un point de vue stratégique et évidemment juridique. Mes clients sont des particuliers. J’ai très peu de sociétés ou des SCI, donc finalement, on a des particuliers derrière pour des problématiques en matière de droit de la famille, droit patrimonial au sens large et en droit immobilier.

Avez-vous imaginé faire ce type de métier quand vous étiez enfant ?

Sophia Binet : Alors pas vraiment très tôt. En réalité, ma mère me le rappelle souvent. Je voulais résoudre les problèmes de mes amis à la sortie de l’école. Il semblerait que je les écoutais, les ramenais à la maison pour les aider. Et c’est en tout cas l’intention d’écouter, peut-être. Après, j’ai fait du théâtre au collège. Je me souviens de vouloir être comédienne. Peut-être que j’aimais ressentir un peu l’adrénaline de la scène sans pour autant être vraiment extravertie. Et je crois que cette envie de devenir avocate m’est venue plus à l’approche du lycée et de la suite après apprendre. Je n’étais pas vraiment scientifique, pas vraiment littéraire. J’ai eu envie de faire du droit. Je savais que la fac, j’avais ce métier en tête et je prenais chaque année comme une étape à franchir. Et puis une année, c’était gagné. Mais voilà, c’est arrivé assez tardivement.

Y avait-il des avocats autour de vous durant votre enfance ?

Sophia Binet : Non, je n’avais pas d’avocat autour de moi. J’avais un ami de mon père qui était sensible aux questions juridiques. Je crois qu’il aimait un peu ça, alors c’était un peu bateau, mais il me disait que je n’aimais pas ressentir des injustices. J’étais un peu comme ça et qui me verrait bien avocate, donc c’est peut-être un peu de ça.

Au niveau de vos études, quel est votre parcours d’étudiante ?

Sophia Binet : Le parcours était assez classique, on peut dire. J’ai commencé mes études post-bac à la fac de droit de Saint-Quentin en Yvelines ans et je suis de la banlieue des Yvelines. Et puis j’ai fait mes quatre ans. Ensuite, j’ai fait un master deux en droit processuel des voies d’exécution. En fait, j’étais bizarrement. J’étais passionnée de procédure civile et de voies d’exécution. C’est tout ce qui est l’exécution des décisions de justice. Donc, pour l’exécution forcée, c’est souvent en lien avec les huissiers de justice. Et c’est vrai que c’est moins sexy que le pénal. Mais moi, j’aimais bien. Et après, j’ai fait un stage de master dans le cabinet Sillard et associés à un cabinet spécialisé en voie d’exécution, à Versailles. En fin de master, après mon master, j’ai préparé l’IEJ, donc directement pour devenir avocate et j’ai travaillé en parallèle dans le cabinet Sillard et associés en qualité claire d’avocat. J’avais déjà un pied dans le bain. Je faisais toutes les audiences de mise en état. Donc là, j’étais en plein dans la pratique sur la procédure civile et j’ai vraiment adoré ça. Après, j’ai passé le CRFPA à Versailles et c’est dans le cadre de cette école que j’ai rencontré Jean-Claude Woog et je voulais Jean-Claude, qui est un spécialiste en voie d’exécution de grande notoriété. Et je me suis dit, je vais tenter le coup pour faire un stage chez eux et j’ai été prise après pour le dernier stage de cabinet d’avocat. Donc, que vous faites à la fin de vos études en CRFPA. Et j’y suis ensuite restée sept ans en collaboration. Moi, donc j’y ai été très bien formé. Après, c’est plus le profil de l’étudiante, mais en tout cas, je suis restée chez eux longtemps après mon stage.

Alors pour revenir un tout petit peu en arrière. L’orientation de ce parcours, justement, c’est un choix ou c’est des opportunités, comment s’est passé le tout début finalement de vos études juridiques ?

Sophia Binet : Alors le tout début des études juridiques ? Est-ce que vous voulez dire ce qu’il y avait ?

Quelque chose qui a eu une forme de déclic ? Qu’est-ce qui a fait, si vous vous en souvenez ?

Sophia Binet : Peut-être, oui, ce qui a été un déclic. Enfin, c’est sûr que la rencontre avec Jean-Claude Woog au CRFPA. Ça a été ce monsieur-là. En fait à la fin de mes études d’avocat, à déterminer après mon parcours de ce que j’allais faire.

Donc le déclic c’est cette personne-là.

Sophia Binet : C’est cette personne tout à fait.

Peut-être que cette personne a été aussi un peu un mentor, finalement.

Sophia Binet : C’est tout à fait vrai.

Donc il a influencé d’une certaine façon votre parcours.

Sophia Binet : Oui, il y a eu beaucoup de personnes. En réalité, c’est vrai que j’ai eu plusieurs personnes qui m’ont orienté, à qui je pense souvent. J’ai eu mon confrère Me Patrick Rakoto Harrisson qui me faisait des exercices de plaidoirie au CRFPA, Jean-Claude Mencius, qui était un ancien confrère. Et puis, mais principalement Jean-Claude Woog, qui a été un homme profond auquel j’étais profondément attachée, qui est un vieux monsieur à l’époque, mais qui a été président de l’UJA. C’est lui qui a été l’inventeur du tarif UJA, qui est celui qui est le tarif qu’on donne aux jeunes avocats qui rentrent au Barreau de Paris, qui est le minimum, en fait on va dire, un minimum de l’ordre. Mais ce qu’on doit donner pour qu’un avocat puisse vivre décemment à peu près sur Paris. Et puis, il faisait des voies d’exécution. C’est ce dont j’avais envie. Et je me souviens qu’après, c’est peut-être une manière de lui rendre hommage un peu aujourd’hui finalement, parce que je me souviens vraiment avec nostalgie de son décès parce que j’étais dans ce cabinet quand il est mort et c’était en novembre 2011. Et tout le cabinet et tous les confrères sont venus en robe au cimetière. Et c’était vraiment un grand moment triste, évidemment, mais c’était très étrange de voir tous les confrères lui rendre hommage. C’est un monsieur qui est très important pour moi. J’ai encore une petite statuette, pas de lui, mais qu’il m’avait offerte. Qui représente la justice à côté de mon bureau.

Son nom ?

Sophia Binet : Il s’appelle Jean-Claude Woog.

Il y a des fois des étudiants qui écoutent ce podcast. Quel conseil auriez-vous à leur donner s’ils souhaitent suivre un parcours comme le vôtre ?

Sophia Binet : Alors, pour un étudiant qui souhaite devenir avocat, je pense que je lui dirais de savoir pourquoi il veut faire avocat. C’est vraiment pourquoi. Il faut à mon sens rechercher de la motivation profonde, personnelle. En réalité, il me semble, en tout cas c’est ma façon de voir les choses. Je pense qu’être avocat, c’est un métier où on prend des risques, où il faut douter. Il ne faut pas condamner. Il faut avoir confiance, c’est sûr, mais pas trop. On sait qu’on essaye de tout faire pour avoir le droit juste, mais que ce n’est pas évident tous les jours. Donc savoir pourquoi. Futur avocat doit aimer et respecter les autres. Mais il faut qu’il comprenne ce pourquoi. Parce que sinon, je pense qu’on ne tient pas le coup.

Quel jour avez-vous prêté serment et quel souvenir en gardez-vous ?

Sophia Binet : La prestation de serment, c’était le 22 octobre 2008. C’est un très beau souvenir. Je pense, comme pour beaucoup j’imagine. Un moment magique personnellement, en fait, ça a été assez émouvant pour moi parce que mes parents étaient divorcés et c’était un moment où ils se sont réunis. Mon frère, était là, je me souviens aussi, on était un peu dispersé dans la famille, et j’ai retrouvé, il n’y a pas si longtemps que ça, une photo de mon père, ma mère, mon frère et moi-même devant la première chambre civile de la Cour d’appel. Donc, j’ai mis en cadre sur mon bureau à côté de la statue de Jean-Claude Woog, enfin pas de Jean-Claude Woog mais de la justice qu’il m’avait donné. Et c’était un bon moment, en tout cas, et je me souviens également de… ça, je pense que c’est quelque chose qu’il faut perpétuer. C’est que l’associé du cabinet dans lequel j’étais en collaboration, Julien F, un des associés, est venu assister à cette cérémonie. Je trouvais ça très bien et j’étais hyper honorée d’entrer dans cette profession et dans ce cabinet. Donc c’était un beau moment.

Justement, dans quel type de structure avez-vous commencé vos activités et quel était votre rôle à ce moment-là ?

Sophia Binet : J’ai commencé chez ce cabinet, chez Woog et Associés, donc principalement. Je faisais en tant que collaboratrice, du droit bancaire et du droit immobilier. Ils avaient une belle clientèle d’institutionnels et le droit bancaire m’a vraiment appris à développer une rigueur juridique qui était très, très importante, beaucoup de recherche. Ça reste sur des fondements du droit civil et du droit immobilier. J’ai beaucoup développé ça. J’ai développé une clientèle personnelle en droit de la famille. Ils ont été très respectueux, en plus, de toute façon, je pense qu’avec l’héritage de Jean-Claude Woog, c’était un peu ce qu’il transmettait dans le cabinet. Donc je pouvais développer ma clientèle en droit de la famille principalement. J’ai commencé là. J’avais un rôle de collaboratrice assez classique, évidemment, mais c’était difficile. C’est sûr que c’est une collaboration, c’est difficile. Je ne comptais pas mes heures. Je me souviens des allers-retours de correction, de conclusion jusqu’à la virgule ou la petite taille du tiret. Mais bon, il y a peut-être un côté sentimental après quand on repense à tout ça, mais je crois que c’était bien. J’étais armée après, quand je suis partie, en tout cas.

Où exercez-vous maintenant ?

Sophia Binet : C’est une belle transition Hervé du coup. Effectivement, je travaille individuellement dans un cabinet groupé avec plusieurs confrères. On se partage les locaux, mais j’exerce à titre individuel, donc ça me permet d’être plus libre.

Quel est pour le moment votre meilleur souvenir professionnel ? S’il y en a plusieurs, vous pouvez les évoquer.

Sophia Binet : Ce n’est pas évident comme question parce que c’est vrai que. Un seul meilleur souvenir professionnel…

C’est vous, vous avez le droit d’en avoir trois.

Sophia Binet : Oui, d’accord. Alors, je pense que mes premiers dossiers persos sont des bons souvenirs. Je me souviens, je faisais du pénal aussi quand j’étais en collaboration parce qu’en collaboration dossier perso, je me suis tout de suite investie. Je ne voulais pas être dans la prison dorée du douze rue du Faubourg-Saint-Honoré, en étant en collaboration et je voulais défendre la veuve et l’orphelin. C’est un peu bateau, mais c’est un peu cliché, mais c’est tout à fait ça. Et donc, je faisais de l’aide juridictionnelle, j’allais voir des clients aux commissions d’office et j’ai bizarrement de bons souvenirs à être libre, en fait, de quitter ça et d’y aller. Mes souvenirs de liberté en fait. Et puis, le jour où je me suis dit, je m’installe. Je crois que c’est un beau moment. Ça faisait peur, mais c’était beaucoup d’adrénaline, oui.

Je souhaite, à travers ce podcast, bien faire comprendre votre profession. Vous exercez en droit de la famille, en droit patrimonial et en droit immobilier. Pouvez-vous m’expliquer la spécificité de ces domaines et m’indiquer si certains de vos dossiers intègrent ces trois compétences ?

Sophia Binet : Alors, en droit de la famille spécifiquement, donc droit de la famille et des personnes, des personnes et de la famille, on gère ça, on explique ça comme ça, sont des litiges qui sont évidemment intrafamiliaux. On est là sur un plan privé de l’individu, donc son intimité on va dire, qui intervient soit pour lui, le changement de nom, la filiation, l’adoption, des problèmes entre époux, le divorce, la séparation ou des parents non mariés. Donc là, on est sur l’intérêt de l’enfant par rapport à des gardes. Tout ce qui est problématique et relatif à l’autorité parentale et ou des frères et sœurs, même également, c’est tout l’pan du droit des successions. Et le dernier pan aussi du droit de la famille que je fais, qui, malheureusement, se développe parce que notre population est vieillissante. C’est toute la question des majeurs protégés, donc avec les problématiques de tutelle curatelle, cet accompagnement-là. Alors en droit patrimonial, le droit patrimonial et le droit de la famille sont souvent liés. Pourquoi ? Parce que souvent, en matière de droit de la famille, notamment des divorces. On a des problèmes de vente d’un bien immobilier ou parce qu’un parent qui va s’opposer à un bien qu’ils ont acheté en commun, une indivision, une vente forcée. Donc, là je travaille énormément avec les notaires, j’ai de très bons rapports avec les notaires. Je travaille sur des états liquidatifs. Et puis après aussi, on a des questions en droit immobilier aussi. C’est un peu transversal là-dessus. Droit de la famille droit immobilier. Pourquoi ? Parce qu’on a des époux qui vivent typiquement en exemple, en location. Alors, s’ils vivent en location après, alors nous on doit, en tant que professionnel se poser la question du droit des baux, problématique des expulsions, qui va rester dans les lieux. Voilà tout ce qui est la solidarité dans le règlement. Le droit immobilier en tant que tel, à l’inverse, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de droit immobilier quand on prend un dossier purement, par exemple de droit immobilier, un problème de dégât des eaux ou de copropriété, là, il n’y a pas d’impact en droit de la famille. Donc, pour répondre à votre question, c’est oui, il y a des dossiers qui intègrent les trois compétences, mais il faut qu’il y ait un point de vue principal, droit de la famille et accessoires sur le reste, mais pas immobilier et accessoire de la famille. Je ne crois pas.

Le sujet de la garde alternée est un sujet de plus en plus fréquent. Dans quelle situation fait-on appel à vous ?

Sophia Binet : Oui, la garde alternée, c’est un sujet que j’aime bien parce que je crois que j’aime bien l’idée de la relation parent avec une égalité sur des compétences parentales. Bon, après, je défends bien entendu d’autres dossiers, mais voilà, donc souvent des papas qui sont souvent des papas qui sont séparés depuis peu et qui souhaitent mettre en place une garde alternée. Pourquoi ? Parce que souvent, dans le cadre, peut-être qu’on a un côté biaisé du conflit. Mais souvent, ils se heurtent à un refus de la maman avec un problème, notamment qu’on a des enfants en bas âge qui sont encore maternés. On se bataille beaucoup plus pour avoir ce type de garde. J’ai pas mal de clientèle là-dessus. Alors nous, on est juriste, on n’est pas psy ou quoi que ce soit. On est là pour rappeler les critères d’application et le logement, la disponibilité et l’accueil. Donc, c’est un peu dans ces problématiques-là. C’est des sujets qui intéressent, des sujets qui intéressent. Il y a pas mal d’associations, notamment, j’ai été contacté dernièrement par un journaliste qui envisage de faire un ouvrage alors parce que le principe aujourd’hui, on est sur une résidence principale chez l’un ou chez l’autre et éventuellement on envisage l’alternance. Et là, l’idée, ce serait de renverser ce principe, de mettre la garde alternée comme principe et la résidence habituelle comme subsidiaire. Bon, maintenant, on a nos tribunaux qui sont, comment dire ? Il y a une évolution de la pensée, il y a de plus en plus de garde alternée, surtout en région parisienne maintenant. Bon, faut quand même garder à l’esprit que des fois, ça ne peut pas s’appliquer, dès qu’on a la violence venant d’un parent ou une instabilité. Je ne prône pas la garde alternée, absolument pour tous les dossiers, bien entendu, je suis là pour défendre mon client et ce qu’il souhaite en le conseillant, mais c’est en tout cas un sujet qui est effectivement de plus en plus fréquent.

Au-delà de la garde alternée, est-ce que vous avez des demandes par rapport à des gens qui sont hors des deux parents, tel que peut-être des grands-parents ou des frères et sœurs ? Est-ce que vous intervenez sur d’autres intervenants proches de la famille, mais qui ne sont pas les parents ?

Sophia Binet : Qui ne sont pas des parents ? Oui, on a des demandes de droits de visite et d’hébergement des grands-parents. Tout à fait. C’est moins connu. C’est moins courant plutôt, peut-être que les grands-parents n’osent pas, pour une question, de ne pas vouloir mettre du conflit plus que ça dans le cadre d’un contrat familial. J’en ai. J’ai des dossiers comme ça. C’est beaucoup plus lourd, mais voilà, on y arrive. C’est un droit de visite qu’on donne.

Ils ont le droit d’aller voir leurs petits enfants ?

Sophia Binet : Il en va tout à fait. Il y a des critères d’application pour essayer de comprendre. Il ne faut pas que ce soit contraire à l’intérêt de l’enfant. Mais ce n’est pas parce que le parent s’y oppose que c’est…Ce n’est pas un motif. L’opposition du parent n’est pas un motif pour qu’un grand-parent n’ait pas de droits. Après, les frères et sœurs. Là, on les voit plus en matière de succession ou d’indivision. Ce qu’on appelle l’indivision post successoral, c’est-à-dire papa ou maman et maman décède, puis on a trois enfants majeurs. Et donc, du coup, ils ont hérité tous les trois d’un bien qui est un bien de la famille. Donc ils sont en indivision, sont tous les trois propriétaires et donc parfois même souvent. Encore une fois, c’est notre côté biaisé. On ne voit que les problèmes, mais on intervient pour débloquer les situations parce que s’il y en a un qui ne veut pas vendre. Mais on a un peu de tout. C’est ça qui est intéressant.

Suite à une remarque judicieuse de Mantine, une élève avocate qui s’interroge sur son entrée dans la vie active, elle souhaiterait savoir si vous gérez aisément votre vie professionnelle et votre vie personnelle ?

Sophia Binet : Alors aisément, non, je mentirai. Après, c’est comme tout métiers à responsabilités, faut s’organiser, il faut s’organiser. Je dirais que c’est plus facile depuis que je suis à mon compte. Ça, c’est certain. Quand j’étais collaboratrice, je me souviens d’un moment. Quand j’ai eu mon fils, je me suis dit on n’a que cinq semaines de congés payés quand on est collaborateurs à Paris, parfois certaines six semaines, je me suis dit, je verrai mon fils six semaines en étant en collaboration. C’était pour moi, en tout cas, c’est un confort dans la collaboration qui est quand même assez important. Mais ça paraissait très compliqué pour moi, donc en tout état de cause. Après, je me suis dit. Ça a été aussi un lancement vers l’installation et c’est marrant que vous posiez la question, par ce que dernièrement j’ai demandé à mes enfants. Alors mon fils a bientôt huit ans et je lui ai demandé « est-ce que tu penses que tu me vois suffisamment ? ». Et il me dit « Bah oui, maman on te voit le matin et le soir, tout le mercredi. Donc ben ouais ». Puis je dis, « mais des fois, quand je fais des nocturnes, tu ne me vois pas le soir », « Il me dit non mais des fois, je fais exprès de pas dormir pour te faire un bisou, donc, voilà ». Et bon, j’étais rassurée, ça va. Mais voilà la réponse à la question de Mantine. Il faut s’organiser. Il faut avoir un bon emploi du temps à côté de soi. Autant gérer sa vie personnelle que sa vie privée. Moi, je garde mon mercredi à 100% pour mes enfants, après c’est compensé, j’essaye un maximum de ne pas retravailler après le soir, mais ça arrive quand même. Et puis, depuis cette année, on a demandé à une nounou de venir chercher nos enfants à la sortie de l’école. Faire la douche jusqu’à 6h et demie, c’est un petit confort. Ça, c’est bien et aussi j’ai une équipe au cabinet. Ça, c’est quand même important. Parce que des confrères avec qui on partage des locaux si jamais on a un courrier où je ne peux pas venir au cabinet pour choisir d’autres, je télétravaille depuis le covid je télétravaille. Et ma future collaboratrice, donc, oui. Ce n’est pas impossible, mais faut s’organiser.

Les avocats font partie des professions réglementées dans le secteur juridique, comme les notaires, les huissiers de justice et autres commissaires-priseurs. Quels sont les vecteurs de communication dont vous disposez ?

Sophia Binet : Je dispose moi, ou ?

Vous les avocats, de manière générale et après peut-être vous en particulier ?

Sophia Binet : Oui, les avocats principalement, il faut avoir un bon réseau de confiance. Le bon réseau de confiance, c’est ce qu’on appelle le bouche à oreille, bouche à oreille, et je pense que ça alors c’est développé avec ses clients. Il faut développer un lien, être à leurs côtés, partager leurs histoires. C’est le travail, évidemment, juridiquement, parce que ça, c’est la base. Si on n’est pas bon juriste, je pense qu’on n’y arrive pas, comme semble-t-il.  C’est sûr que quand on gagne un dossier, c’est plus facile de faire jouer le bouche à oreille, mais un réseau de confiance, mais un réseau de confrères aussi. Parce qu’à Paris en tout cas, me semble-t-il. En tout cas, c’est comme ça que je vois les choses, on ne peut pas tout faire. On ne peut pas tout bien faire. Avoir des confrères qui font très bien autre chose dans d’autres domaines d’activité c’est important et je sais que je garde de très bons rapports avec des anciens confrères ou même des anciens stagiaires quand j’étais collaboratrice. Donc, un réseau de confrères permet de développer, évidemment le site Internet aujourd’hui, il me semble que si vous n’existez pas sur Internet, peut-être vous n’existez pas pour certains clients. En tout cas, peut-être pas pour tous, les avis Google nous permettent de nous référencer automatiquement. Et puis, il y a un moyen pour les avocats parce que, c’est aussi quelque chose que j’aime beaucoup, c’est écrire, écrire, c’est partager, c’est s’expliquer. C’est aussi une remise en question quand on écrit, savoir ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas et se renseigner sur d’autres choses. Et j’ai toujours une habitude de me renseigner sur les nouveautés. Écrire, c’est un moyen de communiquer, d’être connu. On a des outils comme le village de la justice qui nous permet de publier des articles qui sont très bien référencés. Et après, on peut les publier sur son site internet, bien entendu. Et après, écrire, ce n’est pas écrire n’importe quoi. Moi, en ce qui me concerne, j’écris souvent parce que ce sont mes clients. J’arrive à me dire j’ai quand même pas mal de clients qui se posent la question de ça. Ah ben tiens, c’est un sujet intéressant. J’avais fait un article, par exemple, sur le thème du statut du beau-parent. On a souvent des couples remariés ou qui sont en couple après une séparation et ils veulent savoir quels liens ils ont avec ce nouvel enfant qu’ils ont dans leur foyer. Et puis après, dernièrement, je n’avais pas mal écrit sur les questions de la vaccination des enfants. Donc voilà l’écriture. Des partenariats peuvent être aussi envisagés.  J’ai un partenariat avec un blog de parents séparés. Donc là on m’interviewe régulièrement sur des questions. Dernière fois, c’était sur les termes des frais des parents ou l’organisation des vacances scolaires, à quelle date on va commencer la garde ? Des newsletters. Et puis donner des cours. Moi, j’aime bien ça. Je donne des cours dans une école aussi. Ça me permet de, toute la remise en question, de son savoir et de partager. Après, ce n’est peut-être pas un vecteur de communication, c’est-à-dire de communiquer le droit à des collégiens.

Ça peut être de futurs clients aussi.

Sophia Binet : Oui, c’est vrai, voilà peut-être le côté partage.

Et avez-vous une idée d’autres canaux de communication qui pourraient vous mettre encore plus en lumière que ceux que vous utilisez actuellement ?

Sophia Binet : Il y a l’image, l’image de soi, alors ça, je ne l’ai pas encore fait. Mais l’utilisation de l’image réaliser des vidéos sur des thèmes juridiques, peut être bien. Et c’est vrai que ce que vous faites Hervé, dans des choses comme ça.Et c’est vrai que bon, après, l’idée, c’est peut-être de des thématiques juridiques, pas se mettre au théâtre, certainement. Mais je pense qu’il y a peut-être des gens qui sont plus attentionnés sur une image, on est d’accord ? Mais après Instagram où des choses comme ça, je sais que j’ai des confrères qui le font mais ça n’estpas trop mon truc. Mais bon, il y a peut-être des idées, mais ce ne sera pas pour moi.

La langue française est partie intégrante de votre métier. Il y a maintenant un petit rituel dans ce podcast. Pour chaque invité, c’est de connaître le mot ou l’expression peu usité que vous appréciez tout particulièrement.

Sophia Binet : Une expression que j’aime bien ?

Mais que tout le monde ne connaît pas.

Sophia Binet : Mais que tout le monde ne connaît pas. Bon, alors j’ai une idée, mais ça ne va peut-être pas coller. Moi, j’aime bien le « pour autant », mais pour autant. Pourquoi ? Parce que je crois qu’elle marque la contradiction, c’est que j’ai entendu votre réflexion. Donc, je l’ai comprise. Je comprends votre position adverse, mais pour autant, je veux quand même avoir un autre argumentaire.

Alors à l’inverse, quels tics de langage, plutôt à l’oral, n’appréciez-vous pas beaucoup, sachant que cette question est plus pour s’améliorer. Ce n’est pas pour…

Sophia Binet : Critiquer.

Voilà.

Sophia Binet : Le « euh », je ne sais pas si c’est un tic oral, mais ça c’est bien possible. Le « effectivement », et je l’emploie.

Trop d’effectivement

Sophia Binet : Tue l’effectivement. C’est ça qui me vient à l’idée.

Nous arrivons à la fin de cet épisode pour le conclure. Y a-t-il une question à laquelle vous auriez aimé répondre et que je ne vous aurais pas posée ?

Sophia Binet : Je me demanderais comment faire pour rester avocat toute sa vie. Comment faire pour garder des convictions ? Les convictions fortes qu’on a eues au début et qui nous ont poussés à faire ce métier. Et du coup, faut que j’y réponde aux questions, alors je ne sais pas bien. En fait, je ne sais pas bien exactement ce qu’il faudrait répondre à cette question. En tout cas, je sais que c’est une question que je me pose souvent, alors peut-être que c’est parce que je m’approche de mes quinze ans de barreau dans deux ans quand même, mais j’avance. C’est un métier que j’aime transmettre aux jeunes, qu’il faut transmettre, mais que c’est fatigant. C’est quand même un métier où il faut trouver de la clientèle. Il faut vivre avec beaucoup de rapidité je trouve. Après, j’ai commencé il y a douze ans, mais il y a douze ans, on n’avait pas autant de rapidité dans les réponses, dans les mails, dans les SMS. Donc, on a des clients qui nous laissent un message puis après un mail et qui nous rappellent derrière. Il faut être très, très réactif. C’est un monde qui va vite. Donc, il ne faut pas céder à l’urgence, parce qu’il faut faire un travail précis. Il y a de la concurrence. Tout ça fait que tous ces événements, à mon sens, font comment faire pour rester avocat toute sa vie et garder les mêmes convictions. Eh bien des fois, je me dis et ça, c’est peut-être l’effet bénéfique des vacances et du repos, peut-être se préserver un peu. Et puis écouter, savoir écouter, partager avec les autres, partager avec les siens. C’est un métier qui est honorable dans l’image des gens. Je pense qu’il faut continuer à le transmettre. Mais voilà, il faut se questionner peut-être un peu.

Alors j’ai une question perso qui n’était pas prévue. Est-ce que vous autorisez à utiliser cette question pour de prochains invités ?

Sophia Binet : Avec plaisir. Oui, avec plaisir. Curieux de voir un peu comment les confrères répondront.

Maintenant que l’on vous connaît un peu mieux si l’on souhaite prendre contact ou faire appel à vous. Comment fait-on ?

Sophia Binet : Tout simplement via mon site Internet où j’ai sur la page Contacts, donc, un formulaire de contact avec mon mail, mon numéro de téléphone fixe. Puis je réponds très rapidement généralement, je suis très débordée, mais du coup, je finis quand même par le faire. Être avocat c’est donner son temps et il faut répondre.

Merci beaucoup pour cet entretien.

Sophia Binet : Merci Hervé.

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